En bref

  • 91 % des Français se disent pessimistes sur l’économie nationale.

  • Le pouvoir d’achat reste la première inquiétude, devant le système social et la dette.

  • L’inflation remonte à 2,2 % en avril, portée par l’énergie.

  • La croissance française stagne au premier trimestre 2026.

  • Une reconduction du budget actuel en 2027 pourrait pénaliser les contribuables.

Le moral économique des Français tombe à un niveau alarmant

 

Le pessimisme économique s’installe massivement dans l’opinion française. Selon un sondage Ipsos BVA réalisé pour La Tribune Dimanche, 91 % des Français se disent pessimistes sur la situation économique du pays. À moins d’un an de l’élection présidentielle, ce chiffre traduit une défiance profonde envers la trajectoire budgétaire, sociale et industrielle de la France.

L’inquiétude dépasse même les frontières nationales. Avec un conflit au Moyen-Orient qui pèse sur les marchés de l’énergie, 88 % des sondés redoutent aussi une détérioration de l’économie mondiale. Le climat général mêle hausse des prix, finances publiques dégradées, ralentissement de l’activité et incertitude politique.

 

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Pouvoir d’achat, système social et dette dominent les inquiétudes

 

Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français. Il est cité par 49 % des personnes interrogées parmi leurs trois grands sujets d’inquiétude. L’avenir du système social arrive derrière, à 41 %, signe d’une crainte persistante autour des retraites, de la santé, des allocations et du financement de la protection sociale.

La dette publique française et les déficits occupent aussi une place grandissante dans les esprits. Trois sondés sur dix les placent parmi leurs priorités d’inquiétude. Ce thème, longtemps perçu comme technique ou éloigné du quotidien, devient plus concret à mesure que les marges budgétaires de l’État se réduisent.

Sur le plan politique, les sympathisants proches du camp présidentiel, notamment Renaissance, le Modem et Horizons, se montrent particulièrement sensibles à cette question. Les électeurs du Parti socialiste et du Rassemblement national affichent aussi un niveau de préoccupation notable, autour de 33 %.

 

Les carburants ravivent la peur d’un choc sur les ménages

 

La remontée de l’inflation accentue cette crispation. En avril, les prix à la consommation progressent de 2,2 % sur un an, contre 1,7 % en mars. Il s’agit du rythme le plus élevé depuis juillet 2024, lorsque l’inflation atteignait 2,3 %.

Le principal moteur de cette accélération vient de l’énergie. Les prix énergétiques bondissent de 14,2 % sur un an en avril, après 7,4 % en mars. La hausse du pétrole, liée aux tensions au Moyen-Orient, se répercute rapidement sur les carburants, les factures et les anticipations des ménages.

Brice Tinturier, directeur général d’Ipsos BVA, évoque une forme de résignation des Français face au prix des carburants. Beaucoup estiment que le gouvernement dispose de peu de leviers immédiats, surtout lorsque la fiscalité énergétique constitue une ressource importante pour les comptes publics.

TotalEnergies a pourtant annoncé un plafonnement des prix dans ses stations, avec l’essence limitée à 1,99 euro le litre et le gazole à 2,25 euros, ramené à 2,09 euros pendant les ponts du mois de mai. Cette mesure reste jugée insuffisante par 71 % des Français, selon un sondage Elabe pour BFMTV publié le 7 mai. Une majorité de 65 % se dit favorable à une baisse temporaire des taxes sur les carburants tant que le baril reste élevé.

 

La croissance française marque un arrêt brutal

 

La situation se complique avec une croissance française à l’arrêt. Selon les dernières estimations de l’Insee, le produit intérieur brut n’a pas progressé au premier trimestre 2026. Après une hausse de 0,2 % au quatrième trimestre 2025, l’activité affiche 0 %.

Cette stagnation provient notamment d’une contribution extérieure très négative. Les exportations ont été pénalisées par la chute des livraisons d’Airbus, un élément lourd pour les chiffres du commerce extérieur. La demande intérieure reste, elle aussi, fragile.

La consommation des ménages en biens recule de 0,6 % au premier trimestre, après une progression de 0,4 % fin 2025. Les dépenses en énergie baissent nettement, avec un recul de 2,3 % après une hausse de 0,5 %. Ce repli concerne le gazole, le gaz et l’électricité. Un rebond mensuel a été observé en mars, à +0,7 %, après une chute de 1,4 % en février, mais la tendance reste fragile.

 

Budget 2027 : le risque fiscal se précise

 

Face à cette dégradation, le ministère des Comptes publics a confié à l’Inspection générale des finances une mission sur les conséquences économiques d’une reconduction du budget actuel en 2027.

Ce scénario deviendrait plausible si le Parlement ne parvenait pas à voter une nouvelle loi de finances avant le 31 décembre. La France a déjà connu cette situation en 2025 puis en 2026, avec une loi spéciale permettant de garantir la continuité de l’État en reprenant les recettes de l’année précédente et les dépenses indispensables.

Le problème est fiscalement sensible. Sans nouveau budget, le barème de l’impôt sur le revenu pourrait ne pas être indexé sur l’inflation. Dans une période de hausse des prix, ce gel reviendrait à alourdir la charge fiscale de certains contribuables, même sans hausse nominale des taux.

 

Selon notre expert : La finance mondiale chauffe, les carburants flambent et l’or redevient l’actif que beaucoup regardaient trop tard.

 

L’épargne cherche des refuges hors du système bancaire

 

Dans une période marquée par l’inflation, la dette publique et les tensions budgétaires, certains épargnants renforcent leur intérêt pour les investissements alternatifs. L’or physique, les lingots d’or, les lingots d’argent et les pièces d’or conservent une place particulière dans les stratégies de débancarisation et de sécurisation patrimoniale.

Ces actifs ne remplacent pas une allocation diversifiée, mais ils répondent à une logique simple : détenir une partie de son épargne en dehors des circuits bancaires classiques, avec un support tangible, liquide et reconnu. Lorsque la confiance dans les finances publiques se détériore, cette dimension psychologique et patrimoniale devient plus visible.