En bref
- Le patron de la Nasa confirme l’architecture de la mission Artemis III et sa volonté de la voir décoller dès la mi-2027.
- Un cafouillage dans la communication de Jared Isaacman et de la Nasa témoigne des incertitudes et d’une certaine pression qui règne autour du programme lunaire.
- Le programme spatial lunaire chinois, lui, continue d’avancer et précise un calendrier tout à fait parallèle à celui des Américains.
Nous avons tous en tête les images sublimes d’Artemis II, récemment mises en ligne par la Nasa. Mais nous n’avons encore rien vu. Ce retour humain sur la Lune est en train de prendre la dimension technique et géopolitique que tous prédisent depuis des années. La Nasa vient de clarifier l’architecture d’Artemis III tout en maintenant officiellement l’objectif de mi-2027, alors qu’en parallèle, un responsable du centre spatial de Wenchang a pour la première fois détaillé le plan chinois.
L’éclipse solaire vue par l’équipage d’Artemis II
© Nasa
Artemis III une mission “des plus complexes”, mais quand ?
Le patron de la Nasa, Jared Isaacman, a voulu faire une mise au point, sur X, concernant Artemis III. Il a maintenu que la mission aurait bien lieu à la mi-2027 contrairement à ce qu’un journaliste aurait compris lors de son audition au Sénat. L’ennui c’est que les enregistrements et comptes rendus montrent bien qu’Isaacman évoquait lui-même la fin de l’année 2027. Est-ce révélateur d’une simple mauvaise foi ou d’un calendrier mal maîtrisé ?
Lori – always appreciate the interest and commentary!
We never officially moved the timing of Artemis III to ‘late’ 2027. A reporter wrote that after misinterpreting my quick response to a question during a budget hearing. In the same hearing, I also said we were gaining…
— NASA Administrator Jared Isaacman (@NASAAdmin) May 14, 2026
La Nasa est tributaire de l’avancement des atterrisseurs lunaires, le Blue Moon Lander de Blue Origin, et le HLS de SpaceX. Isaacman se dit confiant qu’au moins un des deux véhicules sera prêt à intégrer les tests d’interopérabilité d’Artemis III. Méthode Coué ? Vœu pieux ? Pression mise sur les partenaires, sur Jeff Bezos et Elon Musk ? Sans doute un peu des trois, car pendant que la Nasa tente de sécuriser son retour vers le pôle Sud lunaire, la Chine communique enfin un calendrier.
“Une des missions les plus complexes que la Nasa a entreprises »
Cette mission sera plus longue qu’Artemis II mais nous n’en connaissons pas encore l’équipage. La Nasa fera probablement appel à des pilotes de premier plan. Artemis III doit démontrer qu’Orion peut s’intégrer à la future génération d’atterrisseurs lunaires commerciaux développés par SpaceX et Blue Origin. Cette complexité d’interopérabilité est le véritable saut technologique. En validant ces interfaces en orbite basse, la NASA s’assure qu’Artemis IV pourra, en 2028, se diriger vers la surface lunaire avec une confiance totale dans ses systèmes de secours.
“Bien qu’il s’agisse d’une mission sur l’orbite terrestre, c’est un tremplin important pour atterrir avec succès sur la Lune avec Artémis IV. Artemis III est l’une des missions les plus complexes entreprises par la NASA”, a déclaré Jeremy Parsons, administrateur associé de l’agence spatiale.
Retour habité pour 2028, Isaacman persiste et signe
Dans son post, il affirme également deux objectifs : 2028 pour les “essais” d’alunissage – le choix du terme “essai” est d’ailleurs notable – ainsi que la cible : le pôle sud lunaire. Cette mise au point montre qu’un certain flou règne. Ce n’est pas en soi forcément inquiétant, l’architecture même de la troisième itération d’Artemis ayant changé. Mais si on ajoute l’incertitude autour des atterrisseurs, du Starship lui-même, voire des combinaisons spatiales, et qu’en même temps on considère les avancées et déclarations de la Chine, alors la période devient, a minima, terriblement excitante.
Le “bateau des rêves” chinois pour 2028 lui aussi ?
Le drapeau chinois sera-t-il planté au pôle sud lunaire avant celui des Américains ?
© CALT
Le timing est incroyablement choisi : un officiel du programme spatial chinois du site de Wenchang a annoncé deux vols inhabités vers la Lune à partir de 2028 en vue de préparer un alunissage pour avant 2030. Contrairement à Apollo et Artemis, le programme chinois ne prévoirait pas de mission de préparation en orbite lunaire mais de fouler le sol de notre satellite, à partir de Mengzhou, le “Bateau des rêves”, dès le premier vol habité.
Et tous les experts le disent : la Chine avance très vite. Comment tout cela va-t-il se terminer ? Le verdict tombera en 2028. Mais une chose est sûre : le succès d’Artemis III en orbite basse sera le juge de paix. Car derrière les essais techniques d’Artemis III se joue peut-être déjà l’ordre spatial des décennies à venir.
Envie de faire encore plus d’économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.