C’est une habitude du festival que de faire découvrir, voire de mettre les pleins feux, sur la musicale scène d’ici. Cette édition ne déroge pas à une tradition qui a vu naître par ailleurs, à l’orée de leur carrière, des artistes incontournables. Qui sont-ils cette année ?
C!el
Le premier, C!el, d’origine colombienne, est stéphanois. C’est la seconde fois qu’il participe au festival, puisqu’on l’a découvert l’an dernier dans « Paroles de zinc ». Mais C!el avait déjà été remarqué en 2024, ayant atteint les quarts de finale de l’émission La France a un incroyable talent. Quatre singles l’ont fait connaître depuis, parmi lesquels Tempête ou Je sais, un véritable hymne à la sororité. Cette année, son premier EP, dont les sujets sont souvent liés à l’identité de genre, invite au rassemblement. Jouant de sa voix au vibrato singulier et de manière intimiste, caressante et épurée, C!el sait faire naître de douces émotions.
C!el, le mardi 19 mai à 18 h 30 au Solar (au sein de la Comète, 7 euros pour un concert partagé avec Alex Montembault)
Le duo Malaka
Les deuxièmes artistes sont Laurina et Sacha Moïsa, deux sœurs qui forment le duo Malaka. Originaires de Riorges, mais nées en Guadeloupe, elles avaient déjà séduit le public en 2024 avec Maï. Elles proposent cette fois un EP, Mang, où se mêlent de multiples influences, tant musicales (folk, soul, électro organique) que thématiques.
Il s’agit, en six nouveaux titres, de laisser davantage parler leurs racines et de s’exprimer sur la façon dont elles vivent leur double culture. Elles s’expriment d’ailleurs en trois langues (anglais, français, créole), selon les chansons et leurs sujets. Se succèdent ainsi des mots mêlant la nature (avec le titre Mercy), la quête de l’identité, l’appel à la confiance en soi, l’attachement à la famille. Portés par des tessitures vocales très distinctes, c’est un appel envoûtant à s’aventurer en un monde fait d’acceptation de soi et de mieux-vivre ensemble. Le duo a participé l’an dernier au festival couramiaud La Rue des artistes, et a d’autre part assuré, deux fois, les premières parties de Flavia Coelho, autre artiste passée par Paroles et Musiques.
Malaka, le mercredi 20 mai à 20 h 30 au Panassa (la Comète), en première partie de Vincent Dedienne.
Brique Argent
Le troisième artiste est Brique Argent, de son vrai nom Corentin Brisebras, avec lequel on change d’univers. Originaire lui aussi de la région roannaise, le trentenaire s’est d’abord installé en 2021 à Saint-Étienne, puis vit désormais à Paris. Il a notamment joué au Foreztival de Trelins en 2024, après avoir sorti Meeting, un premier EP construit comme un voyage musical de neuf titres.
Son nouveau projet est différent. Les phrasés en sont moins vrombissants, mais incitent à une épure pop et sensible, « sans fioritures ». Sa quête d’amour intérieure — entre lui et lui — s’exprime au piano ou aux violons, instruments de la réconciliation avec lui-même. Puissance et douceur zèbrent comme des éclairs les zones d’ombre pour faire naître « des espaces de lumière ». À découvrir en première partie de Solann, nouvelle figure incontournable de la scène française.
Brique Argent, le jeudi 21 mai à 20 h 30 à la Comète en première partie de Solann.
Terrenoire
Le dernier groupe partagera la dernière soirée au Zénith avec Dinaa et Feu ! Chatterton. Il s’agit de Raphaël et Théo Herrerias, les deux frangins de Terrenoire.
Faut-il encore les présenter ? Le nom de leur groupe est en lui-même évocateur de leurs racines locales. Le grand public les a découverts en 2020, avec la publication de leur premier album, Les forces contraires. Ils ont, d’emblée, été encensés par la critique et le public, et sacrés « révélation masculine » aux Victoires de la musique 2022.
Ils reviennent à la maison après avoir, notamment, sorti un vinyle collector de cinq titres en février dernier et fait une grande tournée sur le territoire français. Ils y ont chanté les quatorze titres de Protégé-e, leur dernier album, en ralentissant le rythme pour « prendre le temps de visiter les territoires » (une semaine chaque fois par zone, en passant aussi par la Suisse et le Luxembourg). Ce choix sonne comme une envie de partage et d’engagement.
Cela permet en effet « de repenser le rôle des artistes » en favorisant les « gestes de transmission » et en s’appuyant sur les structures culturelles présentes. Le souci de l’autre est d’ailleurs lisible derrière tous leurs mots, au fil de mélodies qu’on entraîne longtemps avec soi, à la croisée de multiples et riches influences.
Trois ans après leur dernier passage au festival (en clôture, dans les gorges de la Loire), on est donc impatient de les écouter chanter Ton territoire, Ton corps de daronne ou Le fou dans la voiture… et de faire l’écoute buissonnière avec eux.
Terrenoire, le dimanche 24 mai dès 18 h au Zénith de Saint-Etienne.
Infos et billetterie sur www.festivalpm.com