Le Musée de Grenoble a réalisé une découverte exceptionnelle ces derniers jours : elle dispose dans ses collections de deux photographies précieuses qui ont directement inspiré deux chefs-d’œuvre d’Edouard Manet : Le déjeuner sur l’herbe et Olympia.

Deux photographies exceptionnelles qui ont inspiré Manet découvertes dans les collections du Musée de Grenoble  Victorine Meurent, étude pour Le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet, photographie de Gaudenzio Marconi, 1863, papier albuminé, 18,3 x 12,8 cm.

Ces deux toiles ont été réalisées en 1863 et peuvent être admirées au Musée d’Orsay à Paris. Autre point commun entre les deux œuvres, elles ont pour modèle Victorine Meurent (1844-1927), artiste peintre et muse de Manet. Et c’est justement Victorine Meurent qui est présente sur les deux photographies découvertes par le Musée grenoblois.

Elles font partie du fonds de photographies anciennes ayant appartenu au peintre, Henri Fantin-Latour, et dont le musée grenoblois a hérité en 1921, grâce à un don de Victoria Dubourg, l’épouse de Fantin-Latour. En 2021, Isabelle Varloteau, attachée de conservation en charge de la collection de photographies du Musée de Grenoble, avait fait appel aux services de Laure Boyer, historienne de la photographie du XIXe siècle.

Les deux photographies représentent Victorine Meurent, la muse de Manet pour Le déjeuner sur l’herbe et Olympia Olympia, d’Edouard Manet, exposé au Musée d’Orsay.

Après plusieurs mois d’étude, cette dernière a pu identifier les deux photographies en question. Elles sont signées Gaudenzo Marconi, photographe suisse (1842-1885) spécialiste des photos de nu qui a notamment travaillé avec Auguste Rodin… Et avec Manet puisque c’est Marconi qui a photographié Victorine Meurent nue dans des poses similaires à celles du personnage féminin principal du Déjeuner sur l’herbe et d’Olympia.

Victorine Meurent aurait posé pour au moins huit tableaux de Manet qui, à l’époque, peignait d’après des photographies et non plus en présence de modèles vivants prenant la pose.