L’expérience écologiste à la tête de Strasbourg n’a duré qu’un mandat. Et si Catherine Trautmann a indiqué son intention de tourner cette page, un certain nombre de mesures de l’équipe battue en mars devraient quand même laisser une empreinte durable sur la ville.

Eva Lelièvre et Jean-François Gérard

Publié le 16 mai 2026  ·  

Imprimé le 16 mai 2026 à 06h24  ·  

9 minutes

Le Parti socialiste est de retour aux commandes de Strasbourg. Après une parenthèse écologiste d’un peu moins de six ans, pandémie oblige, Catherine Trautmann a été élue maire en promettant de « réparer Strasbourg », et veut désormais « tourner la page du mandat passé ». Si les deux formations ont été alliées entre 2008 et 2020, les six dernières années ont marqué une montée constante des tensions entre les deux formations. La remise en cause de décisions récentes et la critique du mandat précédent est une constante du début du mandat de l’équipe socialiste, désormais alliée à quelques macronistes.

Chez les écologistes, des inquiétudes s’élèvent quant à ces positions. « Ce n’est pas tant la crainte de voir certains projets être supprimés ou démolis, précise la maire sortante Jeanne Barseghian, mais plutôt celle que certains projets engagés ou censés voir le jour prochainement soient stoppés ».

Avant de lancer de nouveaux projets, Catherine Trautmann et son équipe se disent suspendues aux conclusions d’un audit financier, déjà commandé. Mais « l’audit ne va pas tout empêcher », a tempéré Catherine Trautmann devant la presse mardi 12 mai pour tenter d’éviter un procès en inaction après plus de 50 jours marqués par une seule mesure sur l’éclairage public

À l’aune de ces premières prises de position, passage en revue de neuf mesures fortes du mandat écologiste qui devraient rester dans la ville et celles qui vont changer.

Ce qui devrait rester

La gratuité des transports pour les moins de 18 ans

La gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans qui résident dans l’Eurométropole a été décidée dès la première année du début du mandat écologiste. Et après six années, la mesure n’est pas remise en cause. Au contraire, Catherine Trautmann proposait en campagne d’étendre cette gratuité aux usagers de plus de 65 ans. Cette promesse de gratuité partielle marque la fin d’un dogme socialiste à Strasbourg dont la priorité était jusque-là le « taux de couverture » de la CTS, c’est-à-dire le rapport entre les recettes, et les dépenses totales, qui s’approchait un peu plus des 50% chaque année jusqu’à 2020. Un enjeu technocratique interne à la collectivité, difficile à percevoir pour l’électeur.

Pour obtenir cette gratuité des personnes âgées, Catherine Trautmann devra convaincre les maires sans étiquette et de droite de la coalition qu’elle préside, puisque ces décisions se prennent à l’Eurométropole. Le sujet n’a pas été évoqué dans la « feuille de route » commune et les premières prises de parole depuis avril. De quoi susciter l’impatience de l’Association pour la gratuité des transports à Strasbourg (Astragrat) qui met déjà la pression : « Faut-il y voir une promesse déjà abandonnée ? », demande-t-elle dans un communiqué.

La transformation de places

Au bilan des réalisations durables, Jeanne Barseghian met en avant aussi « tout ce qui a été fait en terme d’aménagement d’espaces publics et de transformation de la ville » avec « des espaces plus verts, plus conviviaux ». Défaire pour refaire coûtera cher, sans garantie de faire mieux.

Jeanne Barseghian cite à titre d’exemple la place du temple neuf où ont été ajoutés des îlots de fraîcheur pour l’été.

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