Par
Nicolas Stival
Publié le
16 mai 2026 à 6h04
« Dans le quartier, on en a ras le bol. On songe à monter un collectif. » Corinne (1) est à bout. Ces dernières semaines, cette habitante de Colomiers, près de Toulouse, sollicite régulièrement la mairie de sa ville, les polices municipale et nationale, les pompiers et même la préfecture de Haute-Garonne. Mais le même phénomène se répète « une à deux fois par semaine depuis le 8 mars 2026 » : un nuage de fumée se répand dans les environs, en provenance du camp des gens du voyage situé route de Pibrac. Ce qu’il faut savoir.
« Des fosses creusées dans la terre »

Les feux allumés dans un camp de gens de voyage à Colomiers, près de Toulouse, dégage une fumée aux odeurs de plastique. (©Photo fournie à Actu Toulouse)
« Du plastique est brûlé dans le camp des gens du voyage situé route de Pibrac, et les émanations envahissent toute la zone », explique Corinne. « Ils coupent des arbres qui ne leur appartiennent pas pour allumer des feux dans des fosses creusées dans la terre. » Ces feux permettraient de faire disparaître les gaines en plastique entourant les câbles de cuivre, pour récupérer le métal qui est ensuite revendu.
« Dimanche [10 mai 2026], j’ai appelé la police qui m’a demandé d’appeler les pompiers. J’ai effectivement entendu des sirènes », reprend cette mère de deux adolescents. « Mais à 19 h, j’ai de nouveau vu d’énormes volutes de fumée, de 100 à 200 m de hauteur. J’ai rappelé la Police nationale et les pompiers. »
Des conséquences variables
Ses multiples suppliques n’ont pas permis de faire évoluer une situation difficile à subir. « Lundi matin [11 mai], tout le quartier s’est réveillé sous une brume de plastique », déplore Corinne. « Les voisins sont partis à l’école avec des masques. »
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Selon les conditions météo, en particulier la force du vent, les conséquences des feux varient selon les jours. « Il y a beaucoup de maisons individuelles et quelques immeubles dans le quartier », reprend l’habitante de Colomiers. « La fumée atteint parfois l’école Eurocampus. Un soir, elle s’est étendue jusqu’à la ZAC du Perget et au magasin Leroy-Merlin [à environ 1 km à vol d’oiseau du camp]. »
« On ne peut pas aérer la maison »
Corinne ne cache pas son désarroi et ses interrogations : « Avant le 8 mars, on cohabitait sans souci avec le camp de gens du voyage. » Mais depuis ces feux à répétition, c’est une colère teintée de lassitude qui l’emporte : « Quand on se réveille, on ne peut pas aérer la maison. Et mes enfants respirent ces fumées toxiques. »
Contactée par Actu Toulouse, la mairie de Colomiers a renvoyé son interlocuteur vers Toulouse Métropole. La Métropole indique que dans des cas comme celui évoqué dans cet article, des signalements sont faits auprès des autorités de l’État.
(1) Le prénom a été modifié.
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