* Le président ukrainien sur les lieux de l’attaque
* Il appelle à intensifier la pression sur la Russie
* Kyiv proclame une journée de deuil
(Actualisé avec nouvelles déclarations de Zelensky)
par Yurii Kovalenko et Olena Harmash
Le président ukrainien
Volodimir Zelensky a appelé vendredi les Occidentaux à « faire
pression » sur la Russie au lendemain d’une attaque contre un
immeuble d’habitation à Kyiv qui a fait 24 morts, dont trois
enfants.
Volodimir Zelensky s’est rendu vendredi sur les lieux et a
déposé des roses rouges sur les décombres de l’édifice visé par
un tir de missile. « Les Russes ont pratiquement rasé tout un pan
de l’immeuble avec leur missile », a-t-il déclaré.
« Une Russie comme celle-ci ne pourra jamais être normalisée
– une Russie qui détruit délibérément des vies et espère rester
impunie. Il faut faire pression », a-t-il souligné, réitérant ses
appels aux alliés pour qu’ils aident l’Ukraine à renforcer ses
défenses aériennes.
Le président ukrainien a ensuite réuni des hauts
responsables militaires et du renseignement pour discuter des
opportunités de représailles.
« L’Ukraine ne laissera aucune des attaques de l’agresseur
qui coûtent la vie à nos concitoyens rester impunie », a-t-il
déclaré à la suite de cette réunion.
Plus tard, dans une allocution prononcée dans la soirée,
Volodimir Zelensky a déclaré que des actions de représailles ont
déjà été prises, citant une attaque nocturne sur une raffinerie
dans la ville du centre de la Russie, Riazan.
« La nuit dernière, l’ennemi a déjà subi des frappes, dont
une sur leurs raffineries et usines militaires », a-t-il dit.
« Nous continuons nos opérations. »
Quatre personnes, dont un enfant, ont été tuées vendredi
lors d’une attaque contre la ville de Riazan, selon les
autorités locales.
L’armée ukrainienne vise de manière régulière les
raffineries russes depuis quelques mois, avec l’objectif de
pénaliser l’économie russe, portée par les revenus pétroliers.
Les autorités de Kyiv ont décrété une journée de deuil
vendredi en hommage aux victimes; les drapeaux nationaux étaient
en berne dans la capitale, qui compte trois millions
d’habitants. Tous les événements festifs ont été annulés ou
reportés.
Le ministère de l’Intérieur a indiqué que l’opération de
recherche et de sauvetage dans l’immeuble avait duré plus de 28
heures et que des centaines de sauveteurs avaient fouillé 3.000
mètres cubes de décombres dans le quartier de Darnytskyi, sur la
rive gauche du Dniepr.
Les autorités municipales ont précisé que 24 corps avaient
été extraits et qu’une trentaine de personnes avaient été
retrouvées vivantes.
Au total, près de 50 personnes ont été blessées et environ
400 ont eu besoin d’un soutien psychologique, a ajouté le
ministère de l’Intérieur.
A bord de l’avion Air Force One qui le ramenait de Chine, le
président américain Donald Trump a estimé que l’attaque de jeudi
était un mauvais coup porté aux efforts de paix, dont il a
discuté avec son homologue chinois Xi Jinping.
« Jusqu’à hier soir, ça semblait bien, mais ils (les
Ukrainiens) ont pris un gros coup hier. Donc ça va arriver (la
fin de la guerre), mais c’est une honte », a-t-il dit en
référence à l’attaque russe.
ATTAQUES UKRAINIENNES DE DRONES
La Russie a lancé plus de 1.500 drones et des dizaines de
missiles sur l’Ukraine cette semaine, ont indiqué des
responsables ukrainiens. Six personnes ont été tuées mercredi
lors d’attaques sur l’ouest de l’Ukraine, loin de la ligne de
front.
Le président ukrainien a déclaré que, selon une première
analyse, un missile russe Kh-101 de fabrication récente avait
frappé l’immeuble.
Le ministère de la Défense russe a confirmé vendredi que les
forces russes avait mené des frappes massives sur l’Ukraine
entre le 12 et le 15 mai, rapporte l’agence RIA.
La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine est entrée
dans sa cinquième année et aucune perspective de paix ne semble
se dessiner. Le fragile cessez-le-feu de trois jours décrété par
les deux parties, sous l’impulsion des Etats-Unis, du 9 mai au
12 mai, n’a pas fait bouger les choses.
Les belligérants ont cependant procédé à l’échange de 205
prisonniers de guerre ce vendredi, comme prévu par l’accord de
cessez-le-feu.
(Olena Harmash, version française Matthieu Huchet, édité par
Benoit Van Overstraeten et Sophie Louet)