La place des femmes continue de progresser au Festival international des sports extrêmes (Fise) à Montpellier. Laury Perez et Armelle Tisler saluent une évolution marquée par davantage de pratiquantes, une hausse du niveau et une meilleure visibilité. Malgré ces avancées, les inégalités persistent dans la médiatisation et le sponsoring notamment.
« Il y a de plus en plus de filles et le niveau grimpe ». Cette observation de la cycliste sérignanaise Laury Perez résume la dimension féminine prise par le Festival international des sports extrêmes (Fise) ces dernières années.
La spécialiste du BMX freestyle estime que son sport se développe de plus en plus dans ce sens. « Ça va dans le bon sens. Le public est impressionnant, il y en a beaucoup plus. Il y a plein d’enfants qui viennent me voir, prendre des photos, me poser des questions. Je trouve ça bien et ça peut les motiver à se lancer. »
Pour aller dans ce sens, Laury Perez, qui a participé aux Jeux Olympiques à Paris en 2024, organise des stages réservés uniquement aux filles. « Elles peuvent avoir peur du regard des garçons. Elles peuvent pratiquer sans le regard extérieur et ça peut les mettre à l’aise. Certaines ont besoin de prendre confiance, d’être dans un milieu un peu plus fille pour éviter des moqueries », précise-t-elle.
« Pour la première place, on avait un t-shirt et un casque »
Égérie du roller français, Armelle Tisler salue également l’évolution positive. « Quand j’ai commencé, il n’y avait pas de catégorie femmes spécifique. Ça veut dire que tu es en junior, amatrice ou pro, tu n’avais qu’une seule catégorie, tu n’avais qu’un seul passage. Quand tu faisais un podium, tu gagnais trois fois moins que les mecs », se remémore-t-elle avec le sourire. « Avant, tous les hommes se déplaçaient parce qu’il y avait 1 500 € à gagner pour la première place. Nous, pour la première place, on avait un t-shirt et un casque, pas à notre taille. »
Les inégalités de genre tendent à se réduire même si l’égalité est loin d’être acquise. Seulement 30 % des participants sont des femmes, indique David Aubert, directeur sport et musique du Fise. « Il y a de plus en plus de filles, c’est sûr ! En travaillant les programmes de meilleure manière, on arrive à avoir aussi plus de riders, et même si on a plus de filles, on a quand même toujours ce même pourcentage. »
Laury Perez confirme : « Dans notre sport, les hommes étaient 70 et nous, on était 26/27. » Tout en saluant le modèle asiatique. « Les Chinoises et les Japonaises sont beaucoup. Ce n’est pas du tout la même mentalité là-bas. Elles s’entraînent du matin au soir sans relâche. » Pour David Aubert aussi, le Japon est un modèle à suivre. « C’est une culture où on prend les enfants au berceau pour leur donner un art de vivre, les faire pousser sportivement. C’est une nation exceptionnelle. Ils dégagent quelque chose d’unique. »
La France a malgré tout rattrapé une grande partie de son retard. « On est dans les premiers parce qu’on s’est beaucoup plaint », glisse Armelle Tisler. « Avec les JO, les plus jeunes commencent à arriver. En BMX, en roller, en skateboard, ça pousse fort. On est bien placé en France », assure le dirigeant du Fise.
Reste la médiatisation et les sponsorings, encore deux grands chantiers à perfectionner pour tendre encore plus vers une égalité des genres. Le niveau monte, les vocations aussi. Au Fise, les rideuses prennent peu à peu toute leur place.
Un prize-money équivalent
Même catégorie donc récompense équivalente. Depuis quelques années, le Fise a fait le choix de l’équité. « On continue à pousser dans ce sens-là. Quand on a une catégorie identique, les femmes touchent exactement le même prize-money, c’est évident », assure David Aubert.
En ce qui concerne le tarif des récompenses, cela dépend des sports, de l’importance de l’évènement ainsi que des partenaires. « Par exemple pour une compétition de l’Union cycliste internationale (UCI), c’est une enveloppe de 20 000 €. Le vainqueur prend 7 000 €, ensuite le deuxième 5 000 euros, et ainsi de suite », indique le directeur sport et musique du Fise. Une logique simple : à performance égale, récompense égale, quel que soit le nom inscrit sur la ligne de départ.