Au parc d’attractions de Marne-la-Vallée, le héros de la Reine des Neiges n’est plus seulement un personnage de film, mais un robot autonome qui déambule parmi les visiteurs. En quelques mois, il s’est imposé comme l’une des curiosités les plus commentées du parc. Retour sur une success-story.
Depuis le 29 mars, les aficionados de la Reine des Neiges ont une nouvelle raison de visiter Disneyland Paris. En plus des incontournables rencontres avec Mickey, Cendrillon et autres princesses, les voyageurs peuvent désormais croiser Olaf, le bonhomme de neige gaffeur qui accompagne les sœurs Elsa et Anna dans le film d’animation sorti en 2013. Dans le second parc du resort, Disney Adventure World, le personnage a été recréé sous la forme d’un robot autonome. Mis au point en Suisse par les équipes de recherche de Disney, en collaboration avec le groupe américain Nvidia, il parle, se déplace et salue le public, comme s’il avait quitté l’écran pour rejoindre le village fictif d’Arendelle.
Sur place, cet Olaf nouvelle génération ne se contente pas de poser pour les photos. Il participe au spectacle Célébration à Arendelle et surgit aussi dans les allées de «World of Frozen», la nouvelle extension consacrée à l’univers du film. «Olaf rencontre un grand succès auprès de nos spectateurs», affirme le parc. Alors que Disneyland Paris a accueilli plus de 10 millions de visiteurs en 2024, ce nouveau dispositif constitue un levier touristique supplémentaire pour attirer davantage de voyageurs et nourrir leurs envies de séjour.
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, cette créature robotisée est rapidement devenue un sujet de fascination pour les visiteurs de Disneyland Paris. Voir un héros de dessin animé se déplacer, réagir au public et parler « comme un humain » suscite à la fois curiosité et émotion. «Je veux aller à Disneyland Paris juste pour le rencontrer», explique une internaute sur TikTok. «Je ne veux pas exagérer, mais le rencontrer changerait ma vie», indique un autre commentaire ayant recueilli plus de 177.000 mentions «J’aime». Conçu pour lever la tête, maintenir le contact visuel avec les spectateurs et s’exprimer – pour l’instant uniquement en anglais – il donne l’impression au visiteur de rencontrer le personnage du film en chair et en os.
Pour rendre cette illusion possible, Walt Disney Imagineering Research & Development, le département de Disney qui conçoit et développe les parcs, s’est appuyé sur une branche de l’intelligence artificielle appelée «apprentissage par renforcement». «Il permet de représenter l’adorable personnage de la manière la plus fidèle telle que le public l’a découvert sur grand écran», confie Disneyland Paris au Figaro. Josh Gad, l’interprète américain dans le dessin animé, prête aussi sa voix au bonhomme de neige, ce qui brouille encore un peu plus la frontière entre animation et réalité.
Parfois, pourtant, le bonhomme de neige trébuche. En mars, une vidéo le montrant s’écrouler en pleine interaction avec le public a fait le tour des plateformes, cumulant plusieurs millions de vues. On le voit se figer avant de tomber en arrière, sous les regards médusés. «Pourquoi s’est‑il arrêté pour tomber?» s’interroge un internaute. «Je me suis douté que ça n’allait pas durer», affirme un autre. En coulisses, la machine reste en réalité pilotée à distance par un employé, via une console de jeux portable, chargé de gérer ses déplacements et d’intervenir en cas de problème.
Vers un tourisme robotique ?
Ce type de créature humanoïde permet une interaction plus crédible qu’un comédien déguisé. «Lorsque l’illusion est suffisamment convaincante pour que nous traitions un robot comme un véritable personnage, le moindre incident devient surprenant, car nous ne nous y attendons pas», analyse Mark Patrick, directeur du contenu technique chez Mouser Electronics, une entreprise américaine spécialisée dans la distribution de composants électroniques. «Notre premier réflexe est alors de vouloir nous assurer qu’il va bien», comme si l’on s’inquiétait pour un ami plutôt que pour un assemblage de moteurs et de capteurs. Cette capacité des robots à susciter de l’empathie change aussi la façon dont nous imaginons nos séjours.
Pour ce spécialiste, cette prouesse technologique annonce une nouvelle manière de voyager. «La popularité d’Olaf pourrait faire émerger une nouvelle forme de tourisme», poursuit-il. Selon lui, les visiteurs pourraient, à terme, choisir leurs destinations en fonction de ces expériences. Cette évolution s’inscrit dans une histoire plus large de notre relation aux machines. «Il y a plusieurs années, nous avions constaté que certaines personnes se rendaient dans des restaurants de dinosaures robotisés uniquement pour être servies par un T. rex», rappelle‑t‑il.
Le même dispositif, mettant en scène Olaf, doit être lancé à Hong Kong Disneyland, en Chine, ce mois‑ci. À terme, ces figures hybrides, mi‑personnage mi‑machine, pourraient bien devenir de nouveaux moteurs d’attractivité touristique que l’on intègre volontairement à son itinéraire de voyage.
En vidéo – Disneyland Paris dévoile les images de son nouvel espace «Reine des neiges»