La Chine a fait connaître son mécontentement vis-à-vis d’une enquête antisubventions lancée par l’Union européenne (UE) visant l’entreprise Nuctech. Appartenant à un groupe proche de l’état chinois, elle développe des équipements de sécurité présents notamment dans les aéroports, les métros et les passages de douanes.
La Chine a appelé, samedi 16 mai, organisations et particuliers à ne pas collaborer à une enquête antisubventions lancée par l’Union européenne (UE) vis-à-vis du groupe chinois Nuctech, spécialisé dans les équipements de contrôle de sécurité, notamment des aéroports. L’UE avait annoncé, en décembre 2025, avoir pris cette initiative, soupçonnant Nuctech de bénéficier de subventions illégales. Elle s’appuie sur un texte européen adopté en 2023, qui entend lutter contre la concurrence déloyale d’entreprises étrangères bénéficiant de subventions étatiques.
Si le nom de Nuctech est inconnu du grand public, l’entreprise n’en est pas moins très présente à l’international, et qui plus est présente au cœur d’infrastructures sensibles. Spin-off de l’université chinoise de Tsinghua, la société a été créée en 1997. Nuctech est une filiale du groupe chinois Tsinghua Tongfang, lequel est contrôlé par l’Etat et possède des activités actif dans les technologies pour le nucléaire, l’informatique et les systèmes de détection destinés à plusieurs secteurs.
Une enquête menée par la Commission européenne en 2024
Sur son site internet, Nuctech revendique avoir vendu des équipements de sécurité – scanner corporelle, systèmes d’inspection par rayons X… – à plus de 150 pays et régions sur tous les continents, pour les besoins « de l’aviation civile, des douanes, des métros urbains, des chemins de fer, des ports, des autoroutes » et autres « installations essentielles ».
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Pour rappel, la Commission européenne avait mené en avril 2024 des inspections inopinées dans les locaux de l’entreprise en Pologne et aux Pays-Bas, à l’issue desquelles elle estimait que certaines mesures de soutien du gouvernement chinois « pourraient constituer des subventions étrangères faussant la concurrence » sur le marché européen.
Pour la Chine, l’UE « persiste dans son erreur »
« Ces subventions étrangères potentielles prennent la forme de dons, de mesures fiscales préférentielles et de prêts bonifiés », et « elles pourraient avoir renforcé la position de Nuctech » au détriment de ses concurrents, notamment dans les différents appels d’offres auxquels il a participé en Europe, avait alors expliqué la Commission. Les équipements de Nuctech avaient par ailleurs été interdits en 2021 par la Lituanie, un des pays membres de l’UE, en raison d’inquiétudes pour la sécurité nationale.
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La Chine goûte peu l’enquête lancée par l’UE et les suspicions d’espionnage. Cette réglementation crée « des obstacles au commerce » et la Chine a « préconisé un dialogue » mais « l’UE persiste dans son erreur et s’enfonce toujours plus dans la mauvaise direction », a affirmé samedi 16 mai le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.
La Chine « suivra de près les actions de l’UE »
« Nous exigeons qu’aucune organisation ni aucun particulier n’exécute ni n’aide à l’exécution de cette mesure », a-t-il souligné, dénonçant des pratiques européennes contre Nuctech qui « constituent une mesure inappropriée de juridiction extraterritoriale ». « La Chine suivra de près les actions de l’UE et prendra les mesures nécessaires pour défendre fermement sa sécurité nationale et les droits et intérêts légitimes de ses entreprises », a indiqué le ministère.
L’entreprise avait à l’époque déclaré prendre acte de la décision européenne de lancer une enquête. De son côté, la chambre de commerce chinoise auprès de l’UE avait estimé que les entreprises chinoises étaient visées « de manière manifestement disproportionnée et abusive » dans le cadre de ce règlement européen.