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SÉRIE (7/16) Jusqu’au 28 juillet, le musée Toulouse-Lautrec d’Albi consacre une grande exposition à Henri-Gabriel Ibels, grand ami du peintre. C’est la première rétrospective consacrée à cet artiste aujourd’hui tombé dans l’oubli. Chaque semaine, nous vous ferons découvrir une de ses œuvres exposées.

Place cette semaine au portrait d’Yvette Guilbert. Comme Toulouse-Lautrec, Henri-Georges Ibels va être le témoin des nuits parisiennes de la fin du XIXe et de la Belle Époque. Ibels convainc ainsi l’éditeur Georges Ondet d’illustrer les couvertures de chansons des cafés-concerts. Il promeut aussi les vedettes dans des affiches. Il s’impose ainsi comme un grand nom de cet art au même titre que Chéret ou Toulouse-Lautrec. Il se passionne ainsi pour certaines figures dont les frères Mévisto et Yvette Guilbert.

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Yvette Guilbert est une vedette atypique de la fin du siècle. Sa minceur est à contre-courant des canons de l’époque. Elle habille ses bras de longs gants noirs qui en feront son signe distinctif et resteront à la postérité grâce aux portraits des artistes.

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Son originalité se reflète aussi dans son répertoire plus littéraire : elle a l’habitude d’entrecouper ses chansons de phrases parlées. D’où son surnom de « diseuse fin de siècle ». « Par l’originalité de son personnage, son interprétation et sa présence scénique, Yvette Guilbert impose un style qui lui est propre et fascine nombre d’artistes qui fixent sa silhouette, parmi lesquels Toulouse-Lautrec et Ibels », peut-on lire dans le magnifique catalogue dédié à l’exposition.

L'exposition est visible jusqu'à cet été.

L’exposition est visible jusqu’à cet été.
DDM – EMILIE CAYRE

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Si les deux peintres mettent en avant les longs gants noirs de Guilbert, on peut voir la différence entre le célèbre portrait réalisé par Lautrec pour une affiche, qui sera refusé par l’artiste qui se trouve trop laide, et le portrait d’Ibels. 

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Le peintre albigeois met en avant la silhouette caractéristique, une attitude typique ainsi que ses mimiques expressives. Ibels adopte, lui, un regard plus sobre et plus intime. On retrouve les grands aplats de couleur propres aux Nabis dans un fond sans détails. Là où Lautrec dramatise la présence de Guilbert, Ibels la montre comme une femme réelle.