Arme marginale au début de la guerre entre Kiev et Moscou, les drones sont devenus le pilier de la stratégie militaire et ont transformé l’Ukraine en référence mondiale d’adaptabilité et en recherche technologique innovante. La RTS a pu assister à des entraînements d’une unité spécialisée de l’armée.

L’unité Barracuda a ouvert ses portes au 19h30 dans le sud de l’Ukraine, permettant à Kiev d’afficher ses succès en mer Noire, où ces engins – quasi absents de l’arsenal ukrainien au début de la guerre – sont aujourd’hui aussi courants que redoutés par la marine russe.

« Il y a 16 types de drones Barracuda, chacun a son utilité. Il y a les kamikazes équipés de bombes, ceux équipés d’un sonar qui aide au déminage au fond de l’eau. Il y a ceux qui transportent des armes, ou servent de base à des drones aériens, quatre à huit au maximum », détaille le commandant Cop. Ces engins peuvent être téléguidés sur de très longues distances.

« Je ressens de l’adrénaline, parfois même mes mains tremblent. J’opère sur de l’eau et il peut y avoir des vagues, du vent, ce n’est pas une surface plane comme une route. Le drone ne file pas toujours droit, mais on peut être formé en une semaine », témoigne un pilote.

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Intercepter les drones russes

Les drones permettent également de se défendre en combattant les drones russes avec des intercepteurs de nouvelle génération. La RTS a assisté à un entraînement d’une unité de haute technologie spécialisée sur le sujet qui teste le P1-Sun, un intercepteur de nouvelle génération dont la vitesse exacte est gardée secrète.

Un drone P1-Sun, qui permet d'intercepter des drones ennemis. [19h30 de la RTS] Un drone P1-Sun, qui permet d’intercepter des drones ennemis. [19h30 de la RTS]

Ce drone peut atteindre 4000 mètres d’altitude en fonction de la météo. Sa force réside dans son décollage vertical et son poids qui lui permet de résister aux rafales de vent.

Sur le terrain, la mission est confiée à de petites équipes mobiles qui peuvent se déployer en moins de dix minutes. « Je suis convaincu que nous trouverons toujours une riposte à chacune des innovations et attaques de l’ennemi », assure leur commandant, Velcos, de l’unité droniste du 426e Régiment.

Une ingéniosité née de la nécessité

L’expertise ukrainienne en matière de drones est désormais reconnue au-delà des frontières: certains États du Golfe, attaqués par l’Iran, ont fait appel à Kiev pour bénéficier de ses savoir-faire et peut-être bientôt de ses équipements.

« Nous n’étions pas prêts pour la guerre, alors que les Russes, eux, s’y préparaient. Nous avons dû agir non pas par la force et le nombre, mais par l’ingéniosité », résume Dmytro Pletenchuk, porte-parole de la marine ukrainienne.

Ces innovations n’ont pour l’heure pas suffi à l’Ukraine à gagner la guerre, mais elles ont contribué à empêcher une défaite face à un ennemi, sur le papier, bien plus puissant.

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Sujet TV: Estelle Braconnier

Texte web: Julie Marty