Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège Juniors, Vic De Smet n’en finit pas de briller en ce début de saison. Le Junior 1, vice-Champion de Belgique U19 du contre-la-montre le 1er mai dernier, a déjà levé les bras à six reprises. DirectVelo s’est entretenu avec le sociétaire de Soudal Quick-Step U19 pour en savoir plus sur l’un des nouveaux talents belges.

DirectVelo : Que représente une victoire sur Liège-Bastogne-Liège Juniors pour toi ?
Vic de Smet : C’était évidemment une très belle victoire. Rien que gagner une course portant un nom aussi prestigieux que Liège-Bastogne-Liège, et en plus avec une arrivée à La Redoute, c’était vraiment quelque chose de spécial à vivre. Le plateau était peut-être un peu moins relevé parce que beaucoup de coureurs étaient partis République Tchèque pour la manche de Coupe des Nations (la Course de la Paix, NDLR), mais ça reste évidemment une magnifique course à gagner.

Tu as attaqué en toute fin de course, dans La Redoute…
Nous étions encore un groupe d’une vingtaine de coureurs. Un coureur « d’AG2R » (sic) a d’abord tenté de partir, mais un ancien coéquipier a bouché le trou. Ensuite, j’ai attaqué moi-même à environ 150 à 200 mètres de l’arrivée. J’ai immédiatement créé un bel écart et j’ai réussi à le conserver jusqu’à la ligne.

Le parcours est-il difficile pour les Juniors ?
Le parcours est beau mais… honnêtement, il pourrait encore être plus difficile. Pour les Juniors, certains jugent que ce n’est peut-être pas nécessaire, mais quand même, ça reste une course très attractive et au nom prestigieux. Ils pourraient la durcir un peu.

« ENCORE PLUS SPÉCIAL »

Tu as déjà beaucoup gagné depuis le début de la saison. Est-ce ta plus belle victoire ?
Je ne pense pas. Deux semaines plus tôt, j’ai remporté le Giro di Primavera en Italie. Selon moi, le niveau y était encore plus relevé. Cette victoire-là avait donc peut-être quelque chose d’encore plus spécial.

Comment te sentais-tu le lendemain de Liège lors de Gand-Wevelgem où tu finis 11e?
Mes jambes étaient encore très bonnes. Mais en pleine course, juste avant le premier passage du Mont Kemmel, j’ai eu un problème et je suis resté arrêté environ trois minutes et demie. Ce n’était évidemment pas idéal. J’ai finalement réussi à revenir dans le peloton mais au deuxième passage du Kemmel, un groupe était déjà parti. Finalement, j’ai encore sprinté pour les places d’honneur et j’ai quand même terminé 6e au sprint.

Tu n’avais pas disputé la Course de la Paix avec la sélection belge. Était-ce ton choix ou celui du sélectionneur ?
C’était une décision commune entre l’entraîneur, l’équipe et le sélectionneur national. Nous en avions discuté avant la saison. Comme notre équipe ne compte que onze coureurs et que certains équipiers partaient déjà en Tchéquie, il fallait aussi garder suffisamment de coureurs pour d’autres courses importantes en Belgique.

« J’AI ENVIE DE PROGRESSER PARTOUT »

Peux-tu te présenter brièvement ? À quel âge as-tu commencé le cyclisme ?
J’ai commencé il y a environ six ans, pendant la période du Covid. Je n’avais pas grand-chose à faire et je venais d’acheter un vélo de course chez Rudico. Mes parents avaient vu sur Facebook qu’Avia-Rudico possédait aussi une équipe pour les jeunes, alors je suis allé faire un entraînement avec eux. Et ça m’a immédiatement plu !

Tu jouais aussi au football auparavant, non ?
Oui, à Beveren puis à Gand. Mais il y a environ trois ans, j’ai décidé de me consacrer entièrement au cyclisme. Avec le recul, c’était probablement le bon choix !

Quels coureurs professionnels t’inspirent ?
Pour moi, c’est surtout Wout van Aert. C’est grâce à lui que je me suis encore davantage passionné pour le cyclisme. Je regarde toujours énormément de courses et cela m’aide aussi à apprendre de nouvelles choses.

« JE ME DÉBROUILLE BIEN SUR PRESQUE TOUS LES TERRAINS »

Ton profil ressemble aussi un peu au sien…
Peut-être, mais je me compare un peu plus à Julian Alaphilippe qu’à Wout van Aert. Surtout pour le côté explosif et le punch.

Comment te définirais-tu comme cycliste ?
Pour l’instant, je pense que le mot “polyvalent” est celui qui me décrit le mieux. Je découvre encore mes limites, notamment dans les vraies courses de montagne, mais jusque-là je me débrouille bien sur presque tous les terrains. Même mon entraîneur a été surpris par ma pointe de vitesse. Nous ne nous y attendions pas vraiment. Mais c’est évidemment agréable d’avoir cette arme supplémentaire.

Où souhaites-tu encore progresser ?
Peut-être surtout en montagne et en contre-la-montre. Mais en réalité, j’ai envie de progresser partout !

« LE TOUR DU PAYS DE VAUD, UN PEU UNE DÉCOUVERTE »

Les courses montagneuses comme le Tour du Pays de Vaud et la Classique des Alpes sont-elles à ton programme ?
Le Tour du Pays de Vaud approche et figure bien à mon programme ! Ce sera une vraie course de montagne et je suis curieux de voir comment cela va se passer, car je n’ai encore jamais disputé un parcours aussi difficile en haute montagne. Ce sera donc un peu une découverte me concernant.

Pourtant, tu as déjà eu une brève expérience en montagne l’année passée…
Oui, j’ai disputé le Tour d’Autriche l’an dernier, mais cette saison je n’ai encore couru aucune véritable course de montagne. C’est pourquoi je suis particulièrement impatient de voir comment je vais me débrouiller.

Quels sont tes objectifs pour le reste de la saison 2026 ?
Les Championnats sont évidemment très importants. J’attends aussi avec impatience de grandes courses Juniors comme le Valromey. Ce sont de grands rendez-vous où l’on peut vraiment se mesurer aux meilleurs mondiaux de la catégorie. Ce serait magnifique d’y obtenir déjà de bons résultats.

« JE N’AI PAS DE PLAN »

Es-tu surpris par tes résultats en tant que J1 ?
Avant la saison, je disais que j’aimerais gagner une course UCI, mais un mois plus tard j’en avais déjà remporté trois. Je ne m’attendais vraiment pas à cela. C’est fantastique de vivre un tel début de saison, surtout quand la plupart de mes adversaires ont un an de plus.

Rêves-tu d’une carrière professionnelle dès 2028 ? 
L’an prochain, je serai Junior 2. Je n’ai pas de plan. Bien sûr, j’espère devenir professionnel un jour, mais je ne me fixe pas d’âge précis. Je laisse les choses venir naturellement. J’ai encore le temps.