Habitant du troisième étage et président du syndicat de copropriété, Jean-Luc a frôlé le pire. Alors que les résidents fuyaient, il se retrouve bloqué : « J’ai eu la trouille de ma vie. Je sortais de la douche quand j’ai senti une forte odeur de brûlé. Par la fenêtre, j’ai vu un écran de fumée et des flammes s’échapper du premier étage. Mon colocataire a pu partir mais, le temps que je m’habille, la cage d’escalier était devenue impraticable. J’ai tenté de passer avec un masque. Impossible. »

Sa terrasse donnant sur un vide vertigineux de vingt mètres, toute fuite par l’extérieur est exclue. Face au piège qui se referme, il hurle à sa fenêtre et appelle les secours. Les soldats du feu seront sa planche de salut : « Les pompiers m’ont localisé. Ils sont venus munis de masques d’assistance respiratoire et m’ont descendu à travers les « ténèbres » ».

Une catastrophe presque prévisible

Pour les habitants, ce sinistre est l’aboutissement dramatique d’une situation de précarité qu’ils dénonçaient depuis des années. Le logement d’où est parti le feu était bien connu : un premier incendie y avait déjà éclaté, il y a trois ans. « Il y a une colère générale, confie Jean-Luc Le Bouffos. J’avais alerté les services sociaux à de multiples reprises sur la détresse des occupants, mais rien n’a bougé. »

« Victor Bonnot, maire de Saint-Brieuc, ainsi que l’ensemble de la Ville de Saint-Brieuc tiennent à exprimer toute leur gratitude aux pompiers, aux équipes de secours, ainsi qu’aux forces de polices nationale et municipale pour leur intervention rapide et leur engagement sans faille, qui ont permis de limiter les conséquences de ce drame », a indiqué la Ville, dans un communiqué de presse.