Par

Nicolas Zaugra

Publié le

16 mai 2026 à 18h16

EXCLUSIF. Accusé de viols et agressions sexuelles par six femmes, l’avocat lyonnais Me David Metaxas, que l’on surnomme « l’avocat des voyous« , sort du silence plusieurs mois après sa mise en examen par le parquet de Chambéry. En novembre 2025, le péanliste a été mis en examen pour « viol par personne ayant autorité sur la victime et en concours » mais aussi tentative de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel. Il a été placé sous contrôle judiciaire et continue d’exercer à Lyon.
L’avocat, qui conteste toutes les accusations de ces femmes qui sont pour la plupart d’anciennes collaboratrices, a reçu actu Lyon dans son cabinet pour livrer sa version des faits et se défendre. Il contre-attaque et parle d’une action « coordonnée » entre ces six plaignantes pour « l’abattre » et « se venger ».

« C’est l’épreuve la plus difficile de ma vie »

Dans son grand bureau situé dans le 6ᵉ arrondissement, l’avocat qui a débuté sa carrière chez le ténor du barreau Me Alain Jakubowicz (qui le défend dans cette affaire), veut se montrer combatif. Me David Metaxas se place en victime et estime qu’il est visé par une machination montée de toutes pièces.

« C’est l’épreuve la plus difficile de ma vie, personnelle comme professionnelle. Je tiens, mais c’est extrêmement dur », dit-il. « Je suis combatif, déterminé à me défendre. Mais aussi conscient que certaines de mes décisions ou prises de parole ont pu être mal perçues. J’essaie aujourd’hui d’être plus mesuré. » Il rappelle toutefois qu’il est « présumé innocent », que les femmes qui l’accusent sont des « plaignantes » et que « l’instruction est en cours ».

Lors de l’interview, il affirme « payer » son mode de vie, entre « libertinage », « séduction » et nuits festives nombreuses à Lyon. 

« Les choses ont dégénéré »

Me David Metaxas affirme que les relations sexuelles qu’il reconnaît avec les plaignantes étaient toutes consenties dans le cadre de relations amoureuses et suivies. 

Tout part d’une relation avec une femme avec qui j’ai été plusieurs années. Une relation consentie. Après une rupture et mon refus de reprendre cette relation, elle a changé d’attitude. Elle m’a menacé, puis a commencé à me qualifier de prédateur auprès de mon entourage. Elle a contacté des proches, des collaborateurs, et les choses ont dégénéré.

David Metaxas

« Ce sont des relations que j’assume. Certaines ont duré longtemps, ce qui rend les accusations encore plus incompréhensibles pour moi », dit-il. « Je dis qu’il y a une réinterprétation d’événements passés. Des relations consenties qui, avec le temps, sont requalifiées en violences (…) Le point commun, c’est que j’ai mis fin à ces relations. Je pense que cela a généré de la frustration, voire de la rancœur », poursuit l’avocat.

Me David Metaxas, célèbre
Me David Metaxas, célèbre « avocat des voyous » à Lyon, mis en examen pour viol. (©JEFF PACHOUD/ AFP)« On confond emprise et séduction »

Dans sa ligne de défense, Metaxas assure que l’on « confond emprise et séduction ». Il assure « en toute modestie » qu’il peut exercer un pouvoir d’attraction sur des femmes via son métier, sa médiatisation. Il le répète, toutes les plaignantes étaient « consentantes ». 

« Pour certaines, oui, il y a eu un lien professionnel à un moment donné. Mais les relations ont souvent continué bien après. Et elles menaient leur vie, avaient d’autres relations. Où est l’emprise dans ces conditions ? », dit-il à actu Lyon, dans ce qui semble être une plaidoirie.

Pour se défendre, il assure avoir « des messages, des photos, des échanges explicites (avec les plaignantes, ndlr). Tout cela contredit les accusations. Ce sont des éléments concrets qui figurent dans le dossier ».

« Je n’ai pas peur de la prison » ni d’un procès d’assises

Lors de l’échange, Me David Metaxas affirme : « Je n’ai pas peur de la prison », ni d’un procès d’assises même s’il préfère refermer le dossier avant. « Je pense que le dossier doit se régler à l’instruction. Mais si procès il y a, je souhaite qu’il soit public. Je n’ai rien à cacher. Et je pense que chacun doit assumer ses accusations publiquement. »

Il a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre les six femmes qui l’accusent.

Elles maintiennent leurs accusations et évoquent pour certaines des viols, agressions sexuelles, de l’emprise… Certaines plaignantes sont d’ex-stagiaires passées par son cabinet baptisé « The Firm ». L’enquête, qui a conduit à une garde à vue de Me Metaxas durant trois jours et une autre audition il y a encore plusieurs semaines, a aussi débouché sur les auditions de plusieurs avocats lyonnais, des anciens collaborateurs et proches. 

« Je veux me battre et faire éclater la vérité »

Affirmant avoir eu des pensées suicidaires après sa mise en examen, l’avocat assure : « Je me suis ressaisi. Je veux me battre et faire éclater la vérité. »

Il attend désormais « une instruction complète, à charge et à décharge ». « Et que la vérité soit établie sur des faits, pas sur des impressions. »

L’enquête dont les gendarmes ont la charge se poursuit et des actes sont encore prévus pendant des mois. Une période durant laquelle Me David Metaxas va continuer d’exercer et défendre ses clients, y compris des victimes de viols. « J’ai beaucoup de soutien dans la profession, dit-il, la vérité éclatera », répète-t-il durant l’interview.

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