Rompre l’isolement, faire du lien, c’est l’objectif des Résidences de la réussite. Éviter le saut dans le vide de la première année des études supérieures, résume Nathalie Boursier, directrice générale du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Nantes – Pays de la Loire. 

  Grâce à ce dispositif, les néo-étudiants sont accompagnés par des pairs plus expérimentés, logés dans la même résidence universitaire, parfois même colocataires. Ils se croisent fréquemment, c’est convivial, décrit Tybalt Fromaget, de l’association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), qui accompagne le dispositif.

Déployé dans 18 résidences

Le système, jusqu’ici testé dans six académies (Créteil, Grenoble, Lyon, Limoges, Nantes et Toulouse), va être déployé dans dix-huit résidences à la rentrée prochaine. Puis généralisé dans tous les Crous d’ici à 2028.

Le tutorat peut prendre différentes formes. À Toulouse, douze tuteurs prennent en charge 148 première année. L’accompagnement est surtout académique, les protagonistes sont réunis par filières d’études. 

En première année de licence Sciences de la vie à Nantes, Mathis Augereau n’avait personne du même cursus que lui au sein de la résidence Wangari Maathaï pour le guider dans sa discipline. Mais il a apprécié de faire du sport avec son tuteur, de discuter budget, de rencontrer du monde, ça permet de se sentir bien.

« Un réseau qui fonctionne bien »

Dans la capitale ligérienne, des temps en binôme ou en trinôme sont programmés chaque semaine pour distiller des méthodes de travail, faire découvrir la vie étudiante, la ville. Et des soirées rassemblent tous les participants une à deux fois par mois.

Une bonne partie des anciens tutorés deviennent tuteurs. Ça crée un réseau qui fonctionne bien, commente Tybalt Fromaget.

31 mai

Le dispositif cible les étudiants qui peuvent paraître fragiles, indique Nathalie Boursier. Ceux qui viennent d’un quartier défavorisé, d’un milieu rural, les filles qui se lancent dans une filière scientifique…

Pour en bénéficier, il faut remplir le dossier social étudiant avant le 31 mai et, après avoir choisi sa future résidence, expliquer son parcours, sa motivation, préciser si l’on a bénéficié d’une Cordée de la réussite, si l’on vient de l’aide sociale à l’enfance, d’un quartier prioritaire de la ville, d’un territoire d’outre-mer… Un échange aura lieu en visio, au mois de juin, pour vérifier que le candidat a bien compris l’engagement sous-jacent.

Une centaine de places

Les Crous cherchent à donner davantage de visibilité au dispositif et veulent lutter contre le non-recours à ce type d’aide, développe Anne Fabry, directrice de la vie étudiante et de l’hébergement au Crous nantais.

La Résidence de la réussite Wangari Maathaï existe depuis plus de dix ans, elle ne comptait qu’une quinzaine de première année inclus dans le dispositif pour une dizaine d’étudiants accompagnateurs à la dernière rentrée. Avec plus de soixante-dix logements, dont une majorité de T2, elle dispose pourtant d’une centaine de places pour tuteurs et tutorés.