La saison d’Habib Beye, décidément, sera étrange jusqu’à la dernière seconde. Le mieux que peut encore espérer l’entraîneur de l’Olympique de Marseille avant la dernière journée du championnat, c’est de laisser son équipe en Ligue Europa. Il faudrait, pour sauver la face, gagner dans un stade Vélodrome où s’annoncent des protestations spectaculaires, face à un Stade rennais 5e avec trois points d’avance et en grande forme. Un adversaire que le technicien franco-sénégalais a dirigé jusqu’en février. Les Rouge et Noir pointaient alors au 6e rang, l’OM à trois points du podium. Alors, la question se pose : a-t-il été le fossoyeur de ses deux employeurs ?
À Marseille, la saison était mal engagée bien avant son arrivée. Il n’a pas pu la redresser. En perdant cinq de ses dix premiers matchs, il a signé les pires débuts d’un entraîneur de l’OM depuis 1984. Il a ramené 1,45 point par journée, très en dessous de la moyenne de son prédécesseur, Roberto De Zerbi (1,86). Sa moyenne est sensiblement la même quand on inclut la première partie de saison sur le banc rennais (1,47). Avec Franck Haise, en revanche, les Bretons carburent à 2,27 points par match. Une déduction rapide voudrait que tout aille mieux avant ou après Habib Beye. Vraiment ?
Viré le 9 février, peu après une élimination en 8e de finale de la Coupe de France à Marseille, l’entraîneur de 48 ans a saisi la main tendue par Medhi Benatia neuf jours plus tard. Le directeur du football de l’OM est un compagnon de vingt ans : il était un jeune professionnel lorsque Beye était le capitaine de l’équipe, finaliste de la Coupe de l’UEFA en 2004. Quatre saisons au cœur de la défense (2003-2007) et la conviction qu’un jour son destin repasserait par la Commanderie. La raison commandait de choisir un meilleur moment mais la passion a pris le dessus.