Des archéologues russes ont découvert une dent cariée de Néandertal, qui présente la plus ancienne trace d’intervention connue à ce jour.

Publié le 17/05/2026 09:41

Temps de lecture : 1min

Crâne d'homme de Néandertal. (LEEMAGE / AFP)

Crâne d’homme de Néandertal. (LEEMAGE / AFP)

C’est une nouvelle découverte surprenante qui a été faite sur les hommes de Néandertal, nos lointains cousins, disparus il y a environ 40 000 ans. Dans une grotte de Sibérie, des archéologues russes ont découvert la trace de la plus ancienne opération dentaire connue à ce jour. Ils ont publié une étude dans la revue PLOS One et il s’agissait de l’extraction d’une carie.

C’est en fouillant le sol de la grotte de Chagyrskaya, dans le sud de la Sibérie que les archéologues russes ont découvert une dent cariée de 60 000 ans. « Au centre de la dent, il y a un petit creusement jusqu’à la pulpe dentaire, explique Amélie Vialet, paléoanthropologue au Muséum national d’histoire naturelle. Vu l’analyse très en détail, les auteurs démontrent qu’il y a une vraie intervention pour soigner cette carie. Donc c’est tout à fait nouveau. »

L’étude ne peut pas dire si le patient a réalisé lui-même l’opération ou s’il a eu recours à une sorte de paléo-dentiste. En revanche, en refaisant une expérimentation archéologique sur une dent moderne, les chercheurs ont reconstitué le type de fraise qui a servi. Il s’agissait d’une petite pierre taillée, explique Amélie Vialet. « Les Néandertaliens ont une vraie capacité à tailler la pierre, donc ce n’est pas du tout étonnant qu’on arrive à avoir des outils aussi fins, précis, détaille-t-elle. L’opération est d’avoir un mouvement de rotation de l’outil dans la dent et c’est par rotations qu’ils vont réussir à percer ce petit forage dans la dent. »

Une opération sûrement douloureuse, mais qui ne s’est peut-être pas totalement faite sans anesthésie. Car les Néandertaliens, décidément bien loin de l’image de brutes préhistoriques que nous, les Sapiens, leur avons longtemps collée, savaient aussi extraire des substances antalgiques des plantes, soit les ancêtres de l’aspirine ou de la pénicilline.