Il veut bien être candidat. L’ex-ministre britannique de la Santé Wes Streeting a annoncé qu’il souhaitait remplacer Keir Starmer à la tête du Labour, le Parti travailliste, et donc au poste de Premier ministre. Alors que l’actuel locataire du 10 Downing Street fait face à une crise de légitimité sans précédent, Wes Streeting a démissionné du gouvernement jeudi pour se déclarer 48 heures plus tard.

Dans un discours samedi, il a expliqué qu’il jugeait nécessaire une « véritable compétition » au sein du Labour pour succéder à Keir Starmer. « Et je me présenterai », a-t-il prévenu.

L’ancien ministre assure avoir le soutien de suffisamment de députés pour se lancer dans la course, mais préfère attendre que « tous les candidats » potentiels puissent concourir. Il a notamment mentionné le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, issu de l’aile gauche du parti, qui pour pouvoir briguer la direction du parti doit d’abord obtenir un siège de député.

À l’inverse, Wes Streeting, 43 ans, est issu de l’aile droite d’un parti déjà recentré par Keir Starmer en 2024 lors des dernières élections législatives. Sur le plan des idées, l’ancien ministre a notamment plaidé ce samedi pour que le Royaume-Uni rejoigne l’Union européenne, qualifiant le Brexit d’« erreur catastrophique ».

« Réparation » du National Health Service

S’il s’est fait connaître auprès du grand public en intervenant régulièrement dans les médias pour défendre l’action du gouvernement, Wes Streeting, tenant d’un Labour réformiste dans le sillon de Tony Blair, est peu populaire au sein d’un parti où l’aile gauche pèse lourd.

Depuis son entrée au gouvernement en juillet 2024, sa tâche principale a été, selon ses propres termes, de « réparer » le National Health Service, le service public de santé miné par des années de coupes budgétaires, à l’origine de listes d’attente interminables et de grèves à répétition chez les médecins.

Parmi ses réussites, Streeting cite des délais d’attente désormais réduits pour les soins du NHS. Même si certains proches du Labour estiment qu’il aurait dû réformer plus en profondeur ce vénérable service public.

Dès l’automne dernier, les rumeurs sur ses manœuvres pour renverser Starmer faisaient la Une des médias. Rumeurs que Streeting avait balayées comme « catégoriquement inexactes », accusant les alliés de Starmer de l’attaquer en « traîtres ». Mais les ambitions de ce député d’une circonscription à la périphérie nord-est de Londres, ne faisaient pas de doute.

« Ma foi a rendu difficile l’acceptation de ma sexualité »

Dans sa biographie, Streeting met en avant ses origines modestes : sa mère et son père, respectivement âgés de 17 et 18 ans à sa naissance, n’avaient pas de berceau pour lui, et il a grandi dans un HLM de l’Est de Londres.

Il fut le premier de sa famille à aller à l’université, à Cambridge, où il fut président du syndicat étudiant. À cette époque, ce chrétien pratiquant (anglican) révèle son homosexualité. « Ma foi a rendu difficile l’acceptation de ma sexualité », confiait-il a posteriori à des magazines chrétiens. Il vit depuis 2013 en couple avec un autre membre du Labour, Joe Dancey.

Avant d’entrer en politique, il a notamment été un des responsables de l’association Stonewall, qui défend les droits et les libertés des personnes LGBT au Royaume-Uni. « Je ne suis pas un politicien comme les autres. Je viens d’une famille ouvrière. J’ai financé mes études supérieures en travaillant et j’ai passé ma carrière professionnelle en dehors de la politique, dans le secteur associatif », assure Wes Streeting.

Cet amitieux quadragénaire pourrait toutefois être desservi par ses liens avec l’ancienne figure du Labour, Peter Mandelson, désormais infréquentable, qui l’a guidé dans ses débuts en politique en l’accompagnant dans sa première campagne législative, victorieuse, en 2015.