Invitée sur RTL dimanche 17 mai 2026, la procureure de Paris a révélé que le parquet de Paris enquête actuellement sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches pour de possibles violences faites aux enfants.

Les violences dans le périscolaire à Paris sont « tout à fait une urgence », affirme ce dimanche 17 mai Laure Beccuau au micro de RTL. La procureure de Paris a indiqué que le parquet de Paris a ouvert plus d’une enquête pour des soupçons de violences sur des enfants dans plus d’une centaine d’établissements, dont « 84 écoles maternelles ». « Tous les arrondissements » de la capitale « sont concernés », a précisé la magistrate.

Pour le moment, trois informations judiciaires ont été ouvertes et confiées à des juges d’instruction, affine Ouest-France, en plus de « cinq convocations devant le tribunal judiciaire », selon Laure Beccuau. Un animateur a d’ailleurs été placé en détention provisoire.

Une « priorité absolue » pour la Ville

Lors de sa campagne et depuis son élection, en mars 2026, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a fait des violences faites aux enfants dans le périscolaire une « priorité absolue ». L’édile annonçait en avril que 78 agents de la ville avaient été suspendus de leurs fonctions depuis le début de l’année.

Une « urgence » dont s’est saisie la procureure de Paris, bien que consciente de la charge de travail gigantesque dont hérite la brigade de protection des mineurs face à l’ampleur d’un phénomène jugé “systémique” par Emmanuel Grégoire, pour lequel il a débloqué 20 millions d’euros pour un plan d’action.

Visions discordantes

Afin de briser la chaîne de violences faites aux enfants, l’édile de Paris promet une « transparence totale » aux familles sur les enquêtes en cours, qui devraient se multiplier à mesure que la chaîne de signalement se simplifie, notamment via une cellule d’écoute dédiée. Le plan d’action prévoit également de professionnaliser la filière du périscolaire, particulièrement précarisée ces dernières décennies, avec près de 14 000 animateurs parisiens actuellement vacataires.

Alors que les collectifs de parents réclament des mesures nationales, les syndicats parisiens de la profession, eux, attaquent une « politique de répression » menée par la Ville de Paris, adepte de « suspensions automatiques » créant un « sous-effectif chronique ». Une grève est en cours jusqu’au 22 mai.

publié le 17 mai à 16h38, Mina Peltier, 6Médias

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