Par

Glenn Gillet

Publié le

17 mai 2026 à 19h06

« Après huit jours, on pense à tous les scénarios, toutes les dingueries possibles », confie Sorin Constantin, 18 ans. Sa nièce Iléana C., 11 ans selon la famille, a disparu depuis le samedi 9 mai 2026. Elle n’est pas rentrée auprès de sa grand-mère, avec qui elle vivait dans un campement à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), et n’a plus donné signe de vie depuis ce jour. La préfecture de Police a lancé un appel à témoins cinq jours plus tard, un délai que la famille ne comprend pas : « Ça a pris beaucoup trop de temps », lâche Sorin, « mais il faut que toutes les télévisions en parlent maintenant. On veut seulement la retrouver le plus rapidement possible ».

Elle répond au surnom de Natasha

Selon la famille, la petite était de Roumanie, dans la région de Bucarest, et ne parlait pas français. Information centrale : elle répondait au nom de Natasha et non à celui d’Iléana : « Chez nous, les Roumains, on s’appelle souvent par des surnoms. Elle ne connaît pas son prénom mais si les gens l’appellent Natasha, elle va se reconnaître tout de suite », explique l’oncle, qui demande aussi de mentionner les prénoms de ses parents, Madonna et Vandam.

Dans son appel à témoins, la préfecture de police détaille les caractéristiques physiques de l’enfant : elle mesure 1,50 m, est de corpulence normale et de type caucasien/Europe de l’Est, a les cheveux blonds/châtains mi-longs et ondulés. Au moment de sa disparition, elle portait un foulard gris clair, une chemise claire, une longue veste noire, une robe marron et des chaussures rouges de type babouches. « Elle sourit beaucoup et elle rigole tout le temps quand elle parle aux gens. C’est une fille gentille », décrit Sorin.

Toute personne l’ayant vue ou ayant des informations à communiquer aux autorités peut contacter la brigade de protection des mineurs au 01 87 27 81 07 ou à l’adresse suivante : [email protected]. Sorin demande aussi que ces mêmes personnes ou des médias qui voudraient relayer l’affaire le contactent au 06 05 52 45 00.

Vue pour la dernière fois devant un Lidl

Iléana a été vue pour la dernière fois samedi en fin de journée devant le Lidl de l’avenue Jean-Jaurès, dans le quartier d’Ivry-Port, où elle mendiait, selon l’appel à témoins diffusé par la préfecture de Police. « On ne savait pas qu’elle mendiait », affirme son oncle, qui dit craindre que des personnes mal intentionnées aient proposé de l’argent à sa nièce « pour l’attirer avec eux ».

Ion Constantin, grand-père d'Iléana et père de Sorin, devant le Lidl d'Ivry où sa petite-fille a disparu le 9 mai 2026 et où a été placardé un appel à témoins de la préfecture de Police.
Ion Constantin, 64 ans, grand-père d’Iléana et père de Sorin, devant le Lidl d’Ivry où sa petite-fille a disparu le 9 mai 2026 et où a été placardé un appel à témoins de la préfecture de Police. (©GG/actu Paris)

Après avoir vécu périodiquement avec Sorin et ses parents entre Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) et la Roumanie, Iléana avait déménagé auprès de sa grand-mère à Ivry lorsque la mère de son oncle était tombée gravement malade. La dernière fois que Sorin a vu sa nièce, c’était lors des obsèques en Roumanie, il y a trois mois.

Quant aux parents d’Iléana, ils ont émigré au Canada voilà plusieurs années avec plusieurs de leurs enfants mais n’aurait pas encore eu l’argent pour faire venir leur fille. « Ils ont pris leur billet d’avion pour venir en France. Ils sont très mal et en panique, on est tous en panique », confie Sorin.

« Ça pourrait être la fille ou la sœur de n’importe qui »

Pour tenter de retrouver sa nièce, le jeune homme a placardé ses propres appels à témoins à Ivry, à Vitry ainsi qu’à la Gare du Nord et à la Gare de l’Est à Paris. Il dit réfléchir à un appel aux bonnes volontés pour organiser des opérations de recherche citoyennes car « ça pourrait être la fille ou la sœur de n’importe qui et il faut que les gens s’impliquent », mais regrette que la police ne leur ait communiqué aucun élément pour les aider à mener leurs propres recherches.

Il y a par exemple au moins trois caméras de surveillance dans un rayon de cent mètres autour du Lidl : « Nous, on veut voir les images pour savoir de quel côté elle est partie, à droite ou à gauche, et voir si on peut reconnaître des gens sur les images », explique-t-il, « mais là on ne nous dit rien alors qu’on a besoin de savoir. On ne sait pas quoi faire ».

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