LA TRIBUNE DIMANCHE – Comment avez-vous fait pour concevoir ce vaccin si rapidement ?
PASCAL BRANDYS – C’est un vaccin ARN messager à nanoparticules conçu grâce à l’intelligence artificielle. Nous avons utilisé le programme AlphaFold qui permet de prédire la structure des protéines en trois dimensions, cela en deux heures quand il fallait des mois avant 2024. C’est essentiel pour les vaccins basés sur des antigènes, c’est-à-dire sur un type de protéine qui contribue au déclenchement de la réponse immunitaire. On utilise ensuite une plateforme pour assembler la protéine dans une nanoparticule. C’est ce qui donne le vaccin complet. Tout cela nous a pris deux jours.

Quelles sont les étapes suivantes ?
Il faut produire le vaccin, ce qui prend quelques semaines. Puis il conviendra de le tester sur des animaux, la souris ou le singe par exemple, pendant trois semaines au minimum. Ensuite viendra le temps des essais cliniques sur l’homme, pour observer s’il y a des effets secondaires et si les anticorps se développent. Cette étape prend au moins deux mois. Puis il faudra obtenir l’approbation des autorités sanitaires. Pour le Covid, ces dernières étapes ont été accélérées.

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Y a-t-il la même urgence pour l’hantavirus des Andes ?
S’il devait se propager, on serait dans une situation grave, et il pourrait être justifié de lancer ces tests en urgence. Il faut souhaiter que ce ne soit pas le cas. Mais ce type de virus transmis par l’animal à l’homme pourrait être de plus en plus fréquent à mesure que les populations se rapprochent des zones naturelles. Par ailleurs, le changement climatique fait circuler les virus vers le nord. Il faut être prêt. Il y a l’exemple du virus du chikungunya, qui peut être transmis par le moustique tigre et n’est plus limité aux zones tropicales.