Plus près des étoiles. Osmos X n’a pas choisi Toulouse par hasard pour ouvrir son second site en mai. La jeune société fondée à Bruz, près de Rennes (Ille-et-Vilaine) en 2022, s’est rapprochée des acteurs – petits et grands – du spatial situés près du Cnes et du Commandement de l’espace pour concevoir et fabriquer Thorus, un véhicule orbital multi-missions doté d’une propulsion électrique. « Notre technologie permet de confiner le plasma. Ce gaz ionisé est tiré par une cathode [1] qui le propulsera vers l’extérieur », explique Arnaud Masson, le directeur général d’Osmos X. « C’est cette extraction-propulsion qui crée une force de poussée. »
Concrètement, l’engin, accroché aux satellites, dirigera leur trajectoire depuis la Terre vers leur orbite moyenne et géostationnaire. Et, dans l’espace, « le véhicule sera capable de réaliser des changements de positionnement orbital et d’assurer la désorbitation des débris spatiaux. Il pourra aussi faire de l’inspection visuelle, de la surveillance pour des gouvernements », détaille Arnaud Masson, qui a rejoint Osmos X en 2025 après être passé par la Direction générale des armées (DGA), Thales et Thales Alenia Space. À la clé de ces manœuvres, la réduction du temps de poussée en orbite haute (de six à trois mois) et la prolongation la vie des satellites dans l’espace.
Une flotte d’une vingtaine de véhicules spatiaux
Mais, la jeune entreprise de dix-huit salariés doit d’abord valider des étapes. La première est la conception de ce propulseur électrique à échelle réduite, effectuée au siège breton. Il sera embarqué sur un vol prévu en avril 2027. La fabrication de Thorus est de son côté confiée aux Toulousains et sa mise en service est prévue en 2029.
Pour produire deux engins en moyenne par an et concevoir une flotte d’une vingtaine d’engins spatiaux à l’horizon 2030, l’entreprise doit monter en cadence : elle recrute des « profils rares et experts dans des domaines techniques et pointus », tels que des spécialistes de la gestion de la puissance, mécanique, thermique et du contrôle de l’altitude notamment.
Après avoir levé 2,1 millions d’euros en 2024 auprès de business angels, de family offices et d’Expansion, le fonds dédié aux start-up spatiales, Oxmos X a obtenu un prêt de 1,4 million d’euros de Bpifrance. Elle envisage déjà un second tour de table en 2027.
Audrey Sommazi
Sur la photo : Illustration de l’activité d’Osmos X. Crédit : Osmos X.
Notes
[1] Une électrode de sortie du courant dans un électrolyseur