Entré en vigueur en août 2025, l’accord «one in, one out» entre la France et le Royaume-Uni se voit prolongé jusqu’au 1er octobre prochain. L’initiative vise à organiser le renvoi de migrants entre les deux pays.

C’est le passage le plus court entre la France et le Royaume-Uni. Au fil des années, la Manche s’est retrouvée au cœur des enjeux migratoires, des milliers d’exilés cherchant quotidiennement à traverser cette mer bordière pour rejoindre les côtes britanniques depuis le littoral français.  

Sur la seule année 2025, près de 42.000 migrants ont ainsi entrepris ce périple, habituellement à bord de «small boats», petites embarcations de fortune, souvent surchargées. Ces traversées clandestines, de plus en plus nombreuses, demeurent un problème pour le Royaume-Uni qui cherche à sécuriser ses frontières.  

Pour juguler ces traversées, les autorités françaises et britanniques ont conclu un accord baptisé «one in, one out», lequel vise à organiser le renvoi de migrants entre les deux pays. Entré en vigueur le 6 août 2025, celui-ci instaure la règle du «un pour un».  

Concrètement, cet accord bilatéral autorise le Royaume-Uni à expulser vers la France des clandestins arrivés par bateau. En échange, Londres s’engage à accepter une arrivée légale pour chaque migrant renvoyé.

un bilan encore difficile à établir 

Cette initiative, approuvée par la Commission européenne, devait initialement prendre fin le 11 juin prochain. Selon les informations du quotidien britannique The Guardian, le Royaume-Uni et la France ont néanmoins convenu de prolonger l’accord jusqu’au 1er octobre.  

Il est, pour l’heure, difficile de faire le bilan de cet accord franco-britannique. Devant la Commission des lois du Sénat, le 12 novembre dernier, le ministre de l’Intérieur avait toutefois livré un premier état des lieux.

«Depuis l’entrée en vigueur de l’accord, nous avons reçu de la part des autorités britanniques 304 demandes de réadmission sur notre territoire», avait indiqué Laurent Nuñez, précisant que les nationalités les plus représentés étaient afghane, érythréenne, iranienne et soudanaise.

«Dans le même temps, nous avons enregistré 1.455 demandes d’admission sur le territoire britannique. Au total, ce sont 94 individus qui ont été réadmis en France et 60 autres qui ont été admis légalement au Royaume-Uni», avait ajouté le locataire de la place Beauvau, soulignant toutefois le caractère expérimental de l’initiative.

Outre-Manche, un porte-parole du ministère britannique de l’Intérieur, cité par nos confrères, a affirmé que le Royaume-Uni a expulsé plus de 600 clandestins en vertu de l’accord. «Il ne s’agit là que d’un volet de réformes, plus vastes encore, visant à supprimer les facteurs d’incitations qui attirent les migrants illégaux au Royaume-Uni et à accélérer le retour de ceux qui n’ont aucun droit de s’y trouver», a-t-il affirmé.