Le projet immobilier « Seconde nature », dans le 10e arrondissement de Marseille, a été livré avec des défauts de construction, dont la rouille des balcons.
/ Photo T.Be.
Sur le papier, l’opération avait tout pour plaire : TVA à 5%, éligible aux prêts à taux zéro, vue sur le parc national des Calanques… Mais le nouveau projet du promoteur Ogic à Marseille (10e) baptisé « Seconde nature », en lien avec ses dix résidences et 400 logements dans « un espace boisé d’arbres centenaires », a été livré avec un an de retard et quelques surprises. Manque d’équipements, infiltrations d’eaux de pluie… Chez les familles qui ont déboursé près de 6000 euros du mètre carré, les témoignages sur les défauts de construction s’empilent.
À peine installée, Paula « a plusieurs fois eu envie de repartir ». « Le local poubelles est à un pas de la porte de l’immeuble, et aucun système de ventilation n’a été prévu. Je vois mes invités se pincer le nez quand ils entrent », abonde-t-elle, estomaquée par « la déconnexion » des architectes. Marie, enceinte de 8 mois lorsqu’elle emménage en décembre dernier, constate que l’ascenseur ne fonctionne pas. Elle doit alors monter plus de cinq étages lorsqu’elle revient de ses rendez-vous médicaux.
Au niveau du parking, les eaux de pluie qui se déversent dans une rigole font gonfler les portes de plusieurs accès. / Photo T.Be. »Ils ont pris le chèque puis plus de son, plus d’image »
« Les services techniques d’Ogic n’ont jamais répondu à mes demandes. On a vraiment l’impression qu’ils ont pris le chèque et qu’une fois encaissé, plus de son, plus d’image », critique cette habitante qui a déboursé près de 400 000 euros pour acquérir son appartement. En face de chez elle, une famille étrangère a cru s’offrir un pied-à-terre à Marseille, mais a vite déchanté face aux infiltrations d’eaux de pluie qui ont « gagné les murs, moisis par l’humidité » tout comme les rambardes des balcons, posées il y a quelques mois. L’eau finit sa course au sous-sol, au parking : « Il y a tellement d’eau qu’on pourrait tourner une pub pour Ushuaïa, s’étrangle un propriétaire d’une quarantaine d’années. Pour ce prix, on aurait espéré une résidence dans la tranche haute ».
Des équipements en attente
Ogic évoque « un chantier complexe, au long cours ». « Il est normal qu’il y ait des réserves (des défauts dans une construction, NDLR), et les interventions pour les corriger seront effectuées dans les toutes prochaines semaines. Personne ne sera abandonné », assure le directeur régions d’Ogic, Pierre Bernardini. Au-delà de ces défauts, des équipements tardent à être livrés, comme la salle commune, les jardins partagés, ainsi que l’aire de jeux d’enfants. « Il n’y a pas de retard sur les espaces extérieurs, qui sont prévus après la construction des bâtiments principaux. Tout sera fini durant l’été », poursuit-il.
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