La décision est presque passée inaperçue, mais pourrait peser lourd sur le portefeuille des automobilistes : l’administration Trump a laissé expirer une dérogation qui facilitait, jusqu’ici, certaines ventes de pétrole russe. Un choix qui intervient dans un contexte déjà explosif, marqué par la guerre en Iran et de fortes tensions sur l’approvisionnement mondial en énergie.
Depuis 2022, les recettes pétrolières et gazières de la Russie, qui représentent environ un cinquième des recettes de l’État russe, font l’objet de sanctions américaines, mais ces sanctions avaient été suspendues mi-mars, jusqu’au 11 avril, avec pour objectif de contrebalancer l’effet à la hausse de la guerre en Iran sur les prix du pétrole. Les sanctions avaient ensuite été mises en pause pour un mois de plus, jusqu’au 16 mai. Concrètement, cette dérogation permettait aux différents pays d’acheter une partie du pétrole russe malgré les sanctions en vigueur depuis le début du conflit en Ukraine. Sans nouvelle prolongation, cette suspension est donc désormais terminée.
Un marché qui se tend, l’Asie pousse pour desserrer l’étau
Seulement voilà : cette suspension des sanctions n’a jamais fait l’unanimité. En Europe, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer un assouplissement jugé contradictoire. Pour ses détracteurs, autoriser, même partiellement, la vente de pétrole russe revient à alimenter les caisses de Moscou au moment même où les sanctions visent à les tarir. Une critique d’autant plus vive que les prix du brut ont fortement augmenté ces dernières semaines, amplifiant les revenus tirés des exportations.
Face à cette réalité, certains pays asiatiques, comme l’Inde ou l’Indonésie, plaident désormais pour davantage de flexibilité, rapporte Bloomberg, pour qui une nouvelle suspension des sanctions des États-Unis est de plus en plus plausible. Très dépendants des importations, ces pays d’Asie redoutent une flambée durable des prix de l’énergie, synonyme de ralentissement économique et de tensions sociales. Selon plusieurs sources, ces pays ont exercé une pression directe sur Washington pour obtenir le maintien des dérogations.
En mars, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a assuré que la décision de mettre en « pause » les sanctions américaines sur le pétrole russe n’apporterait pas « d’avantage financier significatif au Kremlin, qui tire la majorité de ses recettes énergétiques des taxes prélevées au point d’extraction ».