Laurent et Olivier de la Clergerie célébraient en 2022 les 25 ans du groupe LDLC à la Halle Tony Garnier – Photos © Saby Maviel et DR

Texte : Fanny Suteau – Après une année 2025 marquée par des restructurations et plus de 80 suppressions de postes, le groupe LDLC repart de l’avant. Basée à Limonest, l’entreprise lyonnaise spécialisée dans le high-tech boucle son exercice 2025-2026 avec un chiffre d’affaires en hausse de 3,7%, porté par le retour en forme de ses activités BtoC et BtoB.

À Limonest, les voyants repassent doucement au vert. Longtemps fragilisé par le ralentissement du marché informatique, le groupe LDLC semble avoir retrouvé son souffle. Avec 554,1 millions d’euros de chiffre d’affaires sur 2025-2026, l’entreprise fondée par Laurent de la Clergerie confirme le redressement amorcé ces derniers mois. Une reprise prudente, mais réelle, dans un secteur encore secoué par les fluctuations du marché technologique.

Le spécialiste lyonnais du high-tech a surtout pu compter sur la solidité de son activité BtoC, qui représente à elle seule 395,4 millions d’euros de revenus, soit une progression de 4,5% sur un an. Les ventes en ligne augmentent de 5,1% pour atteindre 247,6 millions d’euros, tandis que les boutiques physiques progressent de 3,6%, à 147,8 millions d’euros.

Le fondateur du groupe, Laurent de la Clergerie

Une marketplace en plein essor

Parmi les moteurs de cette croissance, Rue du Commerce affiche une envolée spectaculaire de sa marketplace avec +116% sur l’année. Même dynamique pour L’Armoire de Bébé, autre activité du groupe, dont le chiffre d’affaires grimpe de 13% pour atteindre 9,1 millions d’euros.

Le BtoB, plus fragilisé ces derniers mois, confirme lui aussi son retour progressif. Après un premier trimestre en recul, l’activité professionnelle a retrouvé de la croissance, pour terminer l’exercice à +1,4%, avec 146,3 millions d’euros de chiffre d’affaires.

La fin d’année a toutefois été plus compliquée. Le quatrième trimestre recule de 11%, à 122,8 millions d’euros, notamment à cause de l’absence de nouveaux lancements de cartes graphiques Nvidia, un élément habituellement moteur pour les ventes de PC et composants.

Privilégier la marge plutôt que les volumes

Malgré ce ralentissement, LDLC affiche sa confiance. Olivier de la Clergerie, directeur général du groupe, évoque « une bonne gestion » des stocks et assume une stratégie tournée vers la marge plutôt que les volumes. Résultat : le groupe prévoit une marge brute supérieure à 24%, bien au-dessus de sa fourchette habituelle comprise entre 21 et 22%. L’excédent brut d’exploitation devrait dépasser les 23 millions d’euros, contre seulement 0,5% de marge opérationnelle l’année précédente.

Le siège social du groupe se trouve à Limonest

Tout n’est cependant pas relancé. LDLC envisage aujourd’hui l’arrêt total de LDLC VR Studio, son activité dédiée aux jeux et contenus en réalité virtuelle, un marché désormais délaissé par les grands acteurs technologiques au profit de l’intelligence artificielle.

Pour autant, le groupe lyonnais regarde déjà vers la suite. Malgré un début d’exercice 2026-2027 encore ralenti par les tensions autour des composants informatiques, LDLC mise sur les futurs lancements Nvidia et sur les besoins croissants liés à l’intelligence artificielle pour poursuivre son rebond. À Limonest, l’après-crise semble désormais bien engagé.