« Est-ce excitant de préparer une finale ?
Oui, c’est excitant, je n’ai pas l’habitude (sourire). Le début de semaine est toujours difficile parce que c’est le moment où j’annonce les mauvaises nouvelles (par rapport à la composition d’équipe). Puis, on va basculer sur l’entraînement, sur ce qu’on a envie de faire face à l’Ulster et notre stratégie parce que la semaine est courte. On a un jour de moins d’entraînement vu qu’on a joué samedi (à Castres, victoire 33-36) et qu’on rejoue le vendredi. Donc, on a un entraînement où on va mettre de l’intensité, c’est demain (mardi). On a tout bien mis en place pour justement être précis vendredi soir, sachant qu’on part pour Bilbao mercredi. On essaie d’avoir le maximum de fraîcheur. Au-delà de cette finale, on a potentiellement des échéances intéressantes en Top 14. Donc il faut qu’on arrive à bien vivre ensemble et bien finir cette aventure-là.

Le fait d’avoir assuré la qualification en phase finale de Top 14 avant cette finale est-il une bonne nouvelle ?
Oui, oui. J’ai eu des messages pour me dire qu’on était officiellement qualifiés parce qu’il y a des confrontations directes sur les deux dernières journées (parmi les poursuivants de Montpellier au classement). On est contents d’être dans les six premiers et de valider cet objectif-là. Mais pour moi, ce match qui arrive, ce n’est pas un plus. Il faut absolument qu’on le gagne parce qu’il y a une dynamique qu’il faut arriver à préserver si on veut bien figurer en Top 14 après cette finale.

Sentez-vous votre groupe prêt pour une finale ?
Je trouve qu’on a un groupe qui a de l’expérience pour vivre ces moments. À Castres, où on a fait des erreurs, où on a pris des essais trop facilement, il y a eu des erreurs individuelles. Et il n’y a pas un mec qui a dit du mal d’un autre. J’ai trouvé beaucoup de maîtrise à la mi-temps. J’ai trouvé qu’ils maîtrisaient les choses sur des moments importants. Et sur les moments importants d’une finale, par exemple, je trouve qu’on a les joueurs pour pouvoir gagner.  On a des joueurs qui ont de l’expérience et qui ont déjà gagné, qui sont capables de vivre ces moments et d’amener de la sérénité. Je suis assez serein là-dessus.

Cette finale, est-ce aussi un peu le symbole de votre réussite cette saison et d’un cap que vous avez franchi ?
Oui, mais c’est une opportunité qu’on a eue pendant l’autre saison et qu’on a prise. On a bien su, je trouve, gérer notre effectif pour ça. On a eu du mal en demi-finales en faisant un peu tourner (18-12 contre Newport), mais ça nous a réussi. Pour moi, une victoire vendredi validerait une belle étape de notre histoire depuis deux ans.

Qu’est-ce qui fait que vous réussissez davantage sportivement qu’il y a quelques mois ?
Je pense que c’est la stabilité et le discours. Obligatoirement, quand on amène de la stabilité… Pau, je crois que ça fait quatre ans qu’ils ont mis leur projet en place. Ils ont fini dans les huit au bout de la troisième ou quatrième année. Là, ils sont dans les six premiers, ils sont sûrs d’être dans les six au bout de leur quatrième année. Nous, on y arrive au bout de deux ans. Je ne dis pas qu’on est meilleurs que Pau, mais en tout cas, la stabilité, obligatoirement, amène des résultats. C’est nécessaire, quel que soit le pilote.

Un titre deux ans après le barrage de maintien gagné de justesse à Grenoble, ça représenterait quoi ?
Une belle étape de la construction de ce projet. Et c’est une façon de montrer qu’en étant stable et en ayant le même discours depuis deux ans, on peut faire de belles choses. Et je le répète, ce n’est pas lié à une personne en particulier. Mais c’est pour moi l’enchaînement des choses et le même discours qui font qu’on arrive à avoir des résultats. »