La deuxième ligne à grande vitesse du Royaume-Uni (HS2), un projet très critiqué qui a vu son prix exploser et le calendrier déraper au fil des ans, pourrait finalement coûter plus de 100 milliards de livres, a annoncé mardi le gouvernement.
«Le coût prévu de l’achèvement de la HS2 se situe désormais entre 87,7 milliards et 102,7 milliards de livres» (entre 101 et 118 milliards d’euros), a annoncé au Parlement la ministre des Transports Heidi Alexander, critiquant la gestion du dossier par les précédents gouvernements conservateurs. La HS2, deuxième ligne à grande vitesse du pays après celle vers le tunnel sous la Manche, dans un pays à la traîne sur ses voisins européens en la matière, a vu ses coûts enfler pour en faire l’un des projets ferroviaires les plus chers au monde au kilomètre. La hausse du prix annoncée mardi s’explique pour les deux tiers «par une mauvaise évaluation passée des travaux nécessaires, des sous-estimations et un manque d’efficacité» et pour un tiers par l’inflation, a précisé Heidi Alexander.
Une «folie massivement surdimensionnée, flattant l’égo de ministres conservateurs»
La précédente majorité conservatrice avait pourtant taillé à deux reprises dans le tracé pour réduire des coûts qui menaçaient, déjà, de dépasser 100 milliards de livres. Mais cela n’a pas empêché le prix d’enfler encore, depuis l’enveloppe initiale fixée à 37,5 milliards de livres (aux niveaux de prix de 2009). Conçu pour rapprocher Londres et les grandes villes du nord de l’Angleterre, le projet raboté s’arrêtera à Birmingham, bien loin de Manchester et Leeds. L’ouverture a aussi été une nouvelle fois repoussée: si la ligne devait à l’origine entrer en service cette année, les trains ne circuleront finalement pas avant 2036 (et pourraient même devoir attendre 2039). Le gouvernement a également revu à la baisse mardi la vitesse maximum sur la ligne, initialement prévue pour faire circuler des trains à 360 km/h. Ceux-ci seront finalement limités à 320 km/h pour éviter que les coûts n’augmentent encore davantage. Les plans précédents étaient une «folie massivement surdimensionnée, flattant l’égo de ministres conservateurs séduits par la perspective d’avoir les trains les plus rapides au monde», a taclé Heidi Alexander.
Si la possibilité d’abandonner purement et simplement le projet a été examinée, cela pourrait en fait «coûter presque autant que de le terminer, tout en n’apportant aucun des bénéfices, avec des ouvrages à moitié achevés disséminés dans la campagne anglaise», selon la ministre.