Wafae El Baghouani
19 Mai 2026•Mise à jour: 19 Mai 2026
AA/ Istanbul / Wafae El Baghouani
La France a renforcé mardi sa vigilance sanitaire face à l’épidémie d’Ebola de variant Bundibugyo en cours en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, qualifiée par l’OMS d’« urgence sanitaire de portée internationale », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
Réunis en coordination interministérielle à Matignon, plusieurs ministères ont évalué la situation épidémiologique et estimé que le risque d’importation vers la France hexagonale et Mayotte demeure « très faible », en raison notamment de l’absence de liaisons aériennes directes avec la zone touchée et du mode de transmission limité aux contacts rapprochés avec des personnes symptomatiques.
Selon les autorités sanitaires, 131 décès et 513 cas suspects ont été recensés en RDC dans le cadre de ce foyer épidémique. Le variant Bundibugyo, identifié en 2007 puis en 2012, se transmet par contact direct avec les fluides corporels (sang, vomissements, sécrétions) ou lors de rites funéraires, après une phase de zoonose initiale. Sa létalité est estimée entre 40 et 50 %, sans vaccin ni traitement disponible à ce stade.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé la mise en alerte de la préfecture et de l’Agence régionale de santé de Mayotte, ainsi que le renforcement des capacités hospitalières et des dispositifs d’isolement. Les autorités prévoient également une organisation sécurisée des prélèvements biologiques et une coordination renforcée avec les acteurs sanitaires de La Réunion.
Des mesures de surveillance sont également mises en œuvre concernant les arrivées de voyageurs et de migrants en provenance d’Afrique de l’Est et de la région des Grands Lacs. Les autorités appellent par ailleurs les voyageurs vers la RDC et l’Ouganda à respecter strictement les consignes de prévention, notamment l’hygiène des mains, l’évitement de la viande de brousse et la surveillance de la température pendant 21 jours après le retour.
L’OMS a récemment déclaré une urgence sanitaire internationale après la résurgence du virus Ebola en Afrique de l’Est. Le variant Bundibugyo, rare mais connu des autorités sanitaires, est surveillé en raison de sa forte létalité et de l’absence de traitement spécifique, même si son potentiel de propagation internationale reste jugé limité.