Dix ans après le référendum du Brexit, pollué par les discours d’extrême droite sur l’immigration clandestine, le secrétaire d’Etat britannique au Commerce Chris Bryant a dit mardi regretter cette décision, et espérer voir le Royaume-Uni réintégrer l’Union européenne « de (son) vivant ».

« Nous l’avons tous dit au sein du Parti travailliste au Royaume-Uni, et certainement au sein du gouvernement : le Brexit a causé d’énormes problèmes à l’économie britannique », a-t-il déclaré dans un entretien à l’AFP au Parlement européen à Strasbourg, où il participe à des discussions avec des députés européens.

Merci Nigel Farage

Lui-même en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE, Bryant, 64 ans, se rappelle avoir été « complètement abattu » par le résultat du référendum de 2016 : « Mon cœur s’est brisé le soir du vote sur le Brexit ». « J’espère que, de mon vivant, nous serons accueillis de nouveau au sein de l’Europe, pleinement et solidement, comme membres de l’Union européenne », a-t-il souhaité, évoquant un sujet toujours brûlant au Royaume-Uni.

En 2024, le gouvernement travailliste de Keir Starmer est arrivé au pouvoir en défendant un rapprochement avec l’UE, mais en fixant plusieurs lignes rouges : pas de retour au marché unique, à l’union douanière ou à la liberté de mouvement.

Alors que Starmer est aujourd’hui très affaibli après la défaite de son parti aux élections locales du 7 mai, l’un de ses concurrents potentiels, l’ex-ministre de la Santé Wes Streeting est allé plus loin. « Nous avons besoin d’une nouvelle relation spéciale avec l’UE, parce que l’avenir du Royaume-Uni se trouve en Europe, et un jour, au sein de l’Union européenne », a dit Wes Streeting samedi, ajoutant que le Brexit avait été « une erreur catastrophique ».

Il a aussitôt relancé un débat enflammé dans le pays, sur fond de montée du parti anti-immigration Reform UK, mené par l’ex-figure du Brexit Nigel Farage.

Des entreprises britanniques qui souffrent

Citant le chiffre de « 16.000 entreprises britanniques de moins qui exportent vers l’Europe », Bryant a estimé pour sa part que le Brexit avait été un « but tiré contre notre propre camp ». Mais il a souligné qu’un éventuel retour reste une perspective lointaine : « Nous n’allons pas le faire cet été ».

« Je suis absolument certain qu’un gouvernement travailliste dirigé par Keir Starmer, ou par qui que ce soit d’autre à la fin de cette période, voudra avoir une relation bien plus étroite avec l’Union européenne », a assuré Chris Bryant, au moment où le gouvernement de Keir Starmer est dans la tourmente, à moins de deux ans de son mandat de cinq ans.

Car même si le Royaume-Uni cherche à diversifier ses partenaires commerciaux – de la Corée du Sud à la Turquie en passant par la Suisse – une grande partie des échanges commerciaux du Royaume-Uni se fait toujours avec l’UE, rappelle-t-il.

Notre dossier sur le Brexit

Le Royaume-Uni et l’UE doivent tenir leur deuxième sommet bilatéral cet été, après celui de mai 2025 qui avait abouti à un accord pour une collaboration plus étroite en matière de défense et de sécurité, et un allègement des contraintes sur le commerce de denrées alimentaires.