Quatre avocats plaidant… pour un seul prévenu. C’est la scène insolite à laquelle ont été confrontés les magistrats qui siégeaient en audience de comparutions immédiates au tribunal judiciaire de Marseille ce mardi 19 mai 2026 après-midi. Autour de la bâtonnière Marie-Dominique Poinso-Pourtal et de son vice-bâtonnier Jean-Michel Ollier, une vingtaine d’avocats s’y sont présentés, robe noire ornée d’un rabat rouge en guise de protestation.

Un mouvement de « défense massive » ponctuel, sorte de grève du zèle destinée à poursuivre la mobilisation contre le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (dite « Sure ») voulue par le ministre de la Justice Gérald Darmanin et dont certaines mesures génèrent une levée de boucliers chez les professionnels du droit.

Une semaine de grève début avril

Début avril, déjà, le Barreau de Marseille s’était mobilisé pour une semaine de grève, à l’instar d’autres barreaux de l’Hexagone contre un projet « présenté comme une réponse à l’engorgement des juridictions criminelles », dont les avocats craignent qu’il ne « remette en cause les principes essentiels » de la justice, au préjudice notamment de victimes.

L’opération « défense massive » permettra, espère-t-on du côté de l’ordre, de contribuer à maintenir la pression, alors que la chancellerie négocie actuellement avec le Conseil national des barreaux (CNB) sur ce projet de loi.