Il y a longtemps que la Rennaise Sophy d’Argy écrit, mais c’est son premier recueil publié. Huit nouvelles, dont les héroïnes sont des femmes, des anti-héroïnes. Elles sont à un moment de bascule, prises en étau entre un besoin d’autonomie et ce carcan étouffant, cette dépendance du regard des hommes. Elles sont face à un événement qui peut créer une onde de choc. Toutes ont la rage, veulent s’en sortir. Sophy d’Argy, 63 ans, a grandi comme les femmes de sa génération dans une société patriarcale. Le premier jet de ces nouvelles a été écrit avant le mouvement #MeToo, on n’avait pas encore les mots de charge mentale, de sororité ».« Camille » est sans doute la nouvelle la plus forte, l’hommage à l’amie, qui était comme ma sœur ».

Traductrice d’albums jeunesse

Sophie d’Argy est fan de l’écrivain américain Raymond Carver, nouvelliste, très fort pour créer une tension insoutenable avec des situations très quotidiennes, des moments qui semblent anodins mais sont déterminants dans la vie de ses personnages.

Traductrice d’albums jeunesse en anglais et allemand, et correctrice, la Rennaise a aussi baigné dans le milieu de la musique, écrit des chansons, pour le duo les Flamingos, qu’elle composait avec le musicien Daniel Paboeuf quand Rennes, dans les années 1980, était en pleine effervescence musicale. Avec le format de la nouvelle, je me rapproche du format de la chanson !

Son titre Babil alone, est évidemment un clin d’œil à la chanson de Jane Birkin, mais aussi le babil pas si doux de femmes plus si jeunes qui parlent toutes seules ».

« Babil alone » de Sophie d’Argy, éditions RioBravo, 112 pages, 12 €