Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

20 mai 2026 à 19h23

Ils savourent leur double victoire, administrative et judiciaire : ce mardi 19 mai 2026, avec son avocat, Me Florent Laroque du barreau de Montpellier, le Syndicat des Commerçants et Indépendants de l’Hérault -SCIH- dont le président est Montpelliérain, a obtenu du Tribunal administratif la suspension de l’arrêté préfectoral visant l’une des plus anciennes boucheries et épiceries de Montpellier, Le Souk du Maghreb, une enseigne inaugurée en 1996 par feu Georges Frêche qui fut maire de Montpellier et président de Région.

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Un référé-liberté urgent

« Face à la préfecture de l’Hérault, nous avons engagé une procédure de référé-liberté qui est une procédure d’urgence extrêmement rapide, dans laquelle le juge administratif doit statuer sous 48 heures. Elle a porté ses fruits, car nous avons démontré au juge unique le caractère profondément incohérent et disproportionné du dossier présenté par l’administration. En effet, la préfecture avait ordonné la fermeture pour deux mois d’un des établissements employant une quinzaine de salariés, au motif d’« emploi de travailleurs étrangers non autorisés à travailler », concernant trois salariés de son équipe. Or, les faits démontrent exactement l’inverse et nous l’avons prouvé, lors de l’audience », révèle le SCIH à Métropolitain, ce mercredi 20 mai.

« Les salariés sont déclarés »

Il ajoute que, « les salariés concernés sont bel et bien déclarés à l’URSSAF, titulaires de contrats de travail, bénéficiaires de bulletins de salaire et surtout, pour chacun d’entre eux, une demande d’autorisation de travail avait été déposée, puis validée par la préfecture elle-même »… Comme le souligne Marouan, représentant régional de Union Indépendant, à la tête de l’une des associations de commerçants les plus importantes de la ville, ainsi qu’à la tête du nouveau syndicat SCIH, « La préfecture ne peut pas, d’un côté, délivrer une autorisation de travail à un salarié et de l’autre, prétendre que ce même salarié n’est pas autorisé à travailler, afin d’ordonner la fermeture d’un établissement pendant deux mois, au risque de faire déposer le bilan à l’une des sociétés les plus anciennes de la ville et, par ricochet, de mettre au chômage une quinzaine de salariés. »

Vidéos : en ce moment sur Actu« Des fermetures spectacles »

Il insiste : « cette décision préfectorale mettait en péril une entreprise historique ainsi qu’une quinzaine de familles ». Le Syndicat des Commerçants et Indépendants de l’Hérault, tient à rappeler une chose essentielle : « ces dernières années, nous avons vu se multiplier les “fermetures spectacles”, largement médiatisées et mises en scène sur les réseaux sociaux. Mais dans le cas de la boucherie Le Souk du Maghreb, nous ne sommes pas face à une structure opaque ou à un commerce fictif. Nous parlons d’une entreprise historique, déclarée, employant une quinzaine de salariés, avec des contrats de travail, des bulletins de salaire et des autorisations délivrées par l’administration elle-même ».

Marouan de préciser : « que les autorités locales luttent contre les véritables fraudeurs, les blanchisseurs de l’argent du narcotrafic ne nous dérange pas, bien au contraire, car nous les soutenons dans ce combat et les en remercions vivement. En revanche, ce qui nous dérange profondément, c’est que des commerçants honnêtes, des entreprises historiques et des employeurs déclarés soient mis dans le même sac que ceux qui contournent réellement les règles ».

Le tribunal administratif condamne le SDIS 34 à verser des indemnités aux victimes.
Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu l’arrêté de la préfète(©CN / Métropolitain / Illustration)« Un signal fort »

Pour Me Florent Laroque et Marouan, « cette décision du Tribunal administratif est un signal fort. L’État ne peut pas, au nom de l’affichage ou de la communication, sacrifier des entreprises, des salariés et des familles sur la base de dossiers aussi fragiles ». Le SCIH, syndicat fraîchement lancé par des commerçants montpelliérains, continue de se structurer rapidement autour d’une ligne claire : défendre les commerçants indépendants avec des actions concrètes et des résultats. Et son président prévient : « nous redoublons de vigilance ».

Entouré de professionnels, de commerçants historiques, d’étaliers, de responsables de marchés et accompagné juridiquement par Me Florent Laroque, le mouvement rassemble chaque semaine de nouveaux adhérents déterminés à faire entendre une autre voix du commerce local. Cette première victoire judiciaire face à la préfecture marque le début d’une nouvelle dynamique. Le mouvement entend désormais peser dans le débat économique local et compte bien prendre toute sa place à l’approche des prochaines échéances consulaires de la CCI.

« Vocation à devenir une force de défense »

« De nombreux commerçants ne se reconnaissent plus dans certaines structures traditionnelles, jugées trop éloignées du terrain, des halles, des marchés et des réalités quotidiennes des indépendants » constate Marouan, qui confirme que, « le SCIH a vocation à devenir une force incontournable de défense des commerçants, des artisans, des halles et des marchés de l’Hérault, tout en travaillant main dans la main avec les autorités locales, les institutions et l’ensemble des acteurs du territoire afin de faire évoluer, protéger et redynamiser durablement le commerce local ». Encore un message fort à ne pas prendre à la légère. 

Contrôle inopiné et arrêté 

La fermeture de cette boucherie a été ordonnée par la préfète de l’Hérault sur la foi d’un rapport d’agents administratifs d’un service de l’État d’ici qui ont réalisé un contrôle inopiné. Lors de l’audience, ce mardi, une des responsables de ce service a demandé au juge des référés urgents de confirmer la sanction de deux mois de fermeture et l’arrêté attaqué, un magistrat qui, au vu des pièces du dossier fournies contradictoirement par les parties, a donné raison au gérant de l’établissement et à la SCIH, avant l’audience au fond ultérieurement.

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