Aletheia Press / A. Schütz - Avocats, juristes et start-up réunis autour des usages de l’IA lors de la troisième édition du LID à Montpellier.

Aletheia Press / A. Schütz – Avocats, juristes et start-up réunis autour des usages de l’IA lors de la troisième édition du LID à Montpellier.

À mesure que les outils d’intelligence artificielle (IA) se diffusent dans les entreprises, les professions juridiques accélèrent à leur tour leur mutation numérique.

Le LID, organisé par l’Incubateur du barreau de Montpellier

Mercredi, la Halle de l’Innovation de Montpellier a accueilli la troisième édition du Village de la Legaltech ou LID, pour Legaltech, innovation et droit, un rendez-vous consacré aux transformations du droit à l’ère de l’IA.

Organisé par l’Incubateur du Barreau de Montpellier, l’événement a réuni avocats, directions juridiques, étudiants, start-up et éditeurs spécialisés autour d’un même objectif : comprendre comment l’intelligence artificielle modifie déjà les pratiques professionnelles.

Au programme : conférences, ateliers, démonstrations d’outils et échanges autour des enjeux technologiques et déontologiques liés à ces nouveaux usages. Les participants ont notamment découvert des solutions d’automatisation, des assistants conversationnels spécialisés dans la recherche juridique, des systèmes de prompting ou encore des outils dédiés à la confidentialité des données.

Comment l’IA transforme le métier d’avocats ?

Pour Lyoma Kogiso, président de l’Incubateur du Barreau de Montpellier, l’évolution est désormais inévitable. « Les professions du droit vont être totalement bouleversées, parce qu’il va y avoir une transformation totale des métiers par l’IA. Donc il faut qu’on puisse anticiper cette transformation », explique-t-il.

© Aletheia Press / A. Schütz – Conférences et démonstrations autour des nouveaux outils juridiques. 

Dans les cabinets d’avocats, l’IA est principalement utilisée pour automatiser les tâches répétitives et accélérer certaines recherches ou rédactions. « Ça va être tout ce qui peut aider ensuite l’avocat ou le juriste à reprendre et pas à partir de zéro », précise-t-il. Avant d’insister sur la nécessité de conserver un contrôle humain permanent : « L’homme doit être acteur dans ce que fait l’IA et on séquence les choses pour ne pas laisser l’IA tout faire. »

Jules Touzet, CEO de la société Haiku et exposant lors du salon, a présenté une plateforme capable d’analyser simultanément de très grands volumes de documents juridiques.

« Tous les avocats ont maintenant des processus de travail qui prennent dix à vingt fois moins de temps qu’avant. Donc, si tu es un cabinet d’avocats et que tu ne l’utilises pas, tu n’es pas compétitif sur ton marché », estime-t-il.

Sa société développe notamment des solutions connectées aux bases de données internes des cabinets et à l’open data juridique afin de faciliter les recherches et la production d’actes.

IA et place de l’humain dans la décision juridique

Mathilde Lefroy, avocate au cabinet Lexiatem, explique tester plusieurs modèles d’IA tout en restant attentive aux questions déontologiques.

« Pour l’instant, c’est davantage de l’assistance, comme un assistant. On va pouvoir confier à des IA juridiques des tâches de recherche, des recherches jurisprudentielles sourcées ou des mises à jour. Il y a un gain de temps, mais aussi une précision qui est vérifiable », souligne-t-elle.

L’avocate voit dans cette évolution une transformation durable de la profession : « C’est une transformation comme Internet l’a été, mais peut-être encore plus. Il va falloir se poser des questions sur l’intérêt de l’humain et sur ce qu’on est prêt à accepter ou non. »

Au-delà des gains de productivité, la montée en puissance de l’IA interroge déjà l’organisation future des cabinets, la formation des juristes et la place de l’humain dans la décision juridique, tout en redéfinissant progressivement les méthodes de travail et les attentes des clients en matière de rapidité, d’accessibilité et de sécurisation des services juridiques.