Andrew Mountbatten-Windsor se retrouve une nouvelle fois au cœur de la tourmente. Alors que l’enquête ouverte autour de ses liens avec Jeffrey Epstein se poursuit au Royaume-Uni, les autorités britanniques envisageraient désormais d’élargir leurs investigations à de potentielles accusations d’inconduite sexuelle. Une piste qui s’inscrirait dans le cadre plus large de l’enquête pour faute dans l’exercice d’une fonction publique visant l’ancien membre de la famille royale. Ces derniers jours, la Thames Valley Police a de nouveau lancé un appel public afin d’encourager d’éventuels témoins ou victimes à se manifester.
Les enquêteurs craindraient, en effet, que le public pense, à tort, que leurs recherches se limitent uniquement à la possible transmission d’informations confidentielles à Jeffrey Epstein. Or, au Royaume-Uni, l’infraction de « misconduct in public office » couvre un spectre plus large et inclut notamment des potentiels abus de pouvoir, de la corruption, un enrichissement personnel ou encore des comportements sexuels inappropriés. L’affaire avait été relancée après la publication des « Epstein Files » qui laissaient entendre que le père des princesses Eugenie et Beatrice aurait partagé des informations sensibles avec le financier américain.
Andrew dans le viseur de la justice : la police britannique lance un appel à témoins
Depuis le début de l’affaire, le frère du roi Charles III nie catégoriquement toute faute ou tout avantage personnel tiré de ses anciennes fonctions d’envoyé spécial du commerce britannique entre 2001 et 2011. Arrêté le 19 février dernier puis relâché sous enquête, le fils préféré d’Elizabeth II n’a jamais été nommé officiellement par la police, qui le désigne seulement, selon la BBC, comme « un homme d’une soixantaine d’années originaire du Norfolk ». Ses propriétés, notamment sa résidence située sur le domaine royal de Sandringham ainsi que le Royal Lodge à Windsor, ont néanmoins fait l’objet de perquisitions. Dans une récente prise de parole, le chef adjoint de la police de Thames Valley, Oliver Wright, a insisté sur la complexité du dossier.
« Nous encourageons toute personne disposant d’informations à nous contacter », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « La faute dans l’exercice d’une fonction publique est un crime qui peut prendre différentes formes, ce qui rend cette enquête complexe ». Selon lui, comme le rapportent nos confrères, « l’enquête examine plusieurs aspects des comportements présumés ». D’après plusieurs sources proches du dossier, les enquêteurs souhaitent aussi éviter que d’éventuels témoins pensent que seules des infractions liées aux institutions de l’État sont concernées. Des faits impliquant directement des personnes pourraient donc également être étudiés dans ce cadre judiciaire.
Les forces de l’ordre tentent d’entrer en contact avec des victimes potentielles de l’ex-prince Andrew
Pour l’heure, les autorités britanniques travaillent principalement à partir des documents rendus publics aux États-Unis. La police britannique n’aurait toujours pas reçu officiellement de nouveaux éléments du département américain de la Justice, même si des échanges sont en cours via la National Crime Agency. La police affirme néanmoins collaborer étroitement avec le gouvernement britannique, la Maison royale ainsi que le Crown Prosecution Service, afin d’obtenir des conseils juridiques au fur et à mesure de l’avancée du dossier. Les enquêteurs ont d’ailleurs déjà commencé à entendre plusieurs témoins.
En parallèle, la Thames Valley Police participe à un groupe de coordination national chargé d’analyser les informations issues des « Epstein Files » et d’entrer en contact avec d’éventuelles victimes liées à l’ancien financier américain. « Nous espérons que toute personne disposant d’informations pertinentes acceptera de se manifester lorsqu’elle se sentira prête à nous parler ; notre porte reste toujours ouverte », a rappelé la police. Oliver Wright a également reconnu qu’ »il existe un risque que les victimes survivantes hésitent à nous contacter en raison de l’ampleur de l’attention publique, nationale et internationale portée à cette affaire ».