Dans cette ville du Val-de-Marne, beaucoup d’habitants
s’imaginaient faire leurs courses dans un deuxième magasin
Grand Frais. L’ouverture annoncée au parc
Médicis
faisait saliver les amateurs de produits frais.
Ces espoirs viennent pourtant d’être douchés, car ce magasin ne
verra finalement jamais le jour.

Le projet prévoyait l’installation d’un deuxième Grand
Frais
à Fresnes, en extension du
Castorama déjà présent, sur le parking du parc
Médicis
. Sur une surface totale de 996 m², 943 m² de vente
devaient être consacrés au supermarché, complétés par une
boulangerie Marie Blachère de 53,20 m²
. Un duo pensé pour
redonner vie à une zone commerciale en recul.

Grand Frais à Fresnes : le projet du parc Médicis recalé

Le premier coup d’arrêt est venu de la Commission départementale
d’aménagement commercial (CDAC) du Val-de-Marne, qui a rendu un
avis défavorable le 2 octobre, avec 11 voix contre. Contestant cet
avis, l’enseigne a déposé un recours le 19 décembre devant la CNAC,
chargée de réexaminer les autorisations au-delà de 300 m². Le
dossier a été étudié les 15 et 16 avril derniers.

Le 15 avril, huit membres sur neuf de la CNAC ont rejeté le
recours, confirmant le refus de
création du magasin Grand Frais
de 943 m² et
de la boulangerie Marie Blachère de 53,20 m² sur le parking du
Castorama de Fresnes. La commission estime que le
projet est « susceptible de porter atteinte aux objectifs de
préservation et revitalisation du tissu commercial du
centre-ville », alors qu’un premier Grand Frais est déjà
implanté dans la commune, et pointe un site périphérique très
dépendant de la voiture.

Centre-ville et voiture : pourquoi le projet Grand Frais tombe
au parc Médicis

Dans son analyse, la CDAC avait insisté sur la nécessité
de soutenir le commerce de centre-ville
, dans la lignée de
programmes comme « Centres-villes vivants » ou de la relance des
marchés de plein air. Un nouvel hyper-spécialiste des produits
frais en périphérie, avec une grande boulangerie, risquait de
détourner la clientèle des commerces de bouche,
alors que le parc Médicis se trouve à deux kilomètres du
centre.

La CNAC a aussi pointé un accès principal par l’autoroute A6 et
les parkings, jugé peu compatible avec les objectifs de
mobilité durable
et de réduction de la place de la voiture
en ville. Dans ce type de dossiers, les commissions évaluent
l’impact : emploi, paysage commercial, aménagement du territoire,
déplacements. Un même projet peut être autorisé dans une commune
dotée de peu de commerces, et stoppé net là où le centre-ville est
jugé fragile.

Fresnes : l’avenir du parc Médicis sans
nouveau Grand Frais

La municipalité menée par Christophe Carlier, élu maire en mars
2026, avance avec prudence sur ce dossier. Elle rappelle sa volonté
de renforcer l’activité du parc Médicis tout en
préservant l’équilibre entre périphérie et centre-ville. « Le
projet d’implantation d’un deuxième Grand Frais dans la commune de
Fresnes, au parc Médicis, n’a pas abouti. La ville reste toutefois
attachée à la capacité des entreprises à s’implanter sur notre
territoire, singulièrement lorsqu’elles peuvent répondre aux
besoins des Fresnoises et des Fresnois et entrer en synergie avec
d’autres commerces déjà présents de longue date »,
commente-t-elle auprès d’actu Paris.

Dans un second temps, la Ville précise que « l’intégration
des commerces du parc Médicis, zone un peu excentrée, au tissu
commercial de la ville retient tout l’intérêt de la
municipalité ». Le premier Grand Frais, arrivé
en 2017 au prix de six années de recours et de bataille juridique,
reste donc le seul de la commune, alors que l’enseigne poursuit
ailleurs une expansion rapide avec des dizaines d’ouvertures
prévues en 2026.

EN BREF

  • À Fresnes, dans le Val-de-Marne, un projet de deuxième
    magasin Grand Frais au parc Médicis, accolé au Castorama avec une
    boulangerie Marie Blachère, visait à relancer une zone commerciale
    en perte de vitesse.
  • Après un avis défavorable de la CDAC puis le rejet du
    recours par la CNAC en avril 2026, l’implantation de 943 m² de
    Grand Frais et 53,20 m² de Marie Blachère a été définitivement
    refusée pour protéger le centre-ville et limiter la
    voiture.
  • Les habitants devront donc continuer à s’appuyer sur le
    Grand Frais déjà présent et les commerces du centre, tandis que la
    municipalité cherche un nouvel avenir pour le parc Médicis sans
    déséquilibrer le tissu commercial local.