Avec « Frida and Diego: The Last Dream » au MoMA de New York, Beverly Adams, la conservatrice du département latino américain du musée en charge du projet, rebondit sur l’actualité lyrique puisque le Metropolitan Opera programme jusqu’au 5 juin prochain une nouvelle production, El Último Sueño de Frida y Diego, création mondiale de l’Américaine Gabriela Lena Frank sur un livret du Cubano-Américain Nilo Cruz.

La scénographie théâtrale de l’exposition, confiée au Britannique Jon Bausor — le décorateur et co-costumier de l’opéra joué à quelques blocs de là — met en scène les œuvres des deux artistes mexicains issues de la collection du MoMA : une vingtaine de peintures et dessins accompagnés de portraits photographiques.

Vue de l’exposition « Frida and Diego: The Last Dream » avec « Arbre de l’Espérance »,  de Frida Kahlo 1946

Vue de l’exposition « Frida and Diego: The Last Dream » avec « Arbre de l’Espérance », de Frida Kahlo 1946, 2026

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Photo Jonathan Dorado / MoMA

En résulte un choc des personnalités ; on a rarement vu côte à côte les opus très politiques de Diego Rivera (1886–1957) et la peinture intime et colorée de Frida Kahlo (1907–1954). Si leur différence est exacerbée par l’absence de sujets communs, ils partagent néanmoins une même intensité dans leurs combats.

Confrontation de deux artistes intenses

Frida Kahlo, Autoportrait avec les cheveux coupés

Frida Kahlo, Autoportrait avec les cheveux coupés, 1940

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Huile sur toile • 40 × 27,9 cm • Coll. MoMA, New York • © 2025 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F. / Adagp, Paris 2026 / Photo: Peter Butler

Parmi les œuvres les plus marquantes, on relèvera l’Autoportrait avec les cheveux coupés peint par Frida Kahlo en 1940, peu après leur divorce. L’artiste y apparaît en costume d’homme, les cheveux courts, dans une volonté manifeste d’émancipation. On appréciera aussi Zapata, leader agricole, une fresque militante pro-révolutionnaire peinte par Rivera en 1931, qui mélange les inspirations : la peinture de la Renaissance italienne et l’iconographie traditionnelle mexicaine.

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Une scénographie aux vifs contrastes

Jon Bausor n’a pas lésiné sur la dramaturgie : l’ambiance est tamisée, les tableaux y surgissent, éclatant de colère ou de souffrance. Le scénographe confie vouloir exprimer, au travers de cette mise en scène originale, « vie et mort, douleur et croissance, sève vitale et illusion ».

Installation dans l’exposition « Frida and Diego: The Last Dream »

Installation dans l’exposition « Frida and Diego: The Last Dream », 2026

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Photo Jonathan Dorado / MoMA

Au centre, un des éléments empruntés au décor de l’opéra, un arbre s’élève, déraciné, « ses branches d’un rouge artériel ressemblent à un cœur ou à un poumon humain. » Le Britannique y développe « l’idée des fissures et des crevasses, des déchirures et des plaies […] ainsi que le sentiment de ce qui se révèle sous la peau ou la surface ».

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Frida and Diego : The Last Dream

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« El Último Sueño de Frida y Diego »

Opéra de Gabriela Lena Frank sur un livret du Cubano-Américain Nilo Cruz.

Jouée jusqu’au 5 juin au Metropolitan Opera de New York, cette création mondiale sera également diffusée en France en direct, le samedi 30 mai à 18h55, dans les cinémas Pathé dans le cadre de l’opération “Met Opéra au cinéma”.