« La préfecture maritime et les Cross ne sauraient accepter de voir les équipages des moyens de sauvetage exposés à des risques inutiles et ces moyens détournés de leur mission essentielle d’assistance et de sauvetage. » Dans un communiqué, la préfecture maritime annonce qu’une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie maritime par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique (Crossa) Étel, à la suite d’une opération de secours menée vendredi 15 mai au soir, entre la pointe de Trévignon, à Trégunc, et Concarneau.
Ce soir-là, un témoin avait signalé qu’un voilier de 7 m, en difficulté, était en train de sombrer, non loin de la côte. Le Crossa avait alors relayé l’alerte, le dispositif mis en œuvre engageant l’hélicoptère Dragon 29, relevé par Dragon 56, le canot tout temps SNSM Georges-Clémenceau II de la station de Trévignon-Concarneau, un semi-rigide de la SNSM, ainsi que des patrouilles terrestres de la gendarmerie nationale. Avec une incertitude concernant la présence de personnes en détresse à bord du voilier.
« Le voilier aurait été délibérément sabordé »
Finalement, à 22 h 40, après deux heures de recherches et l’assurance que personne ne se trouvait à bord, le dispositif avait été levé. Avec une suspicion : « Le voilier aurait été délibérément sabordé ». Une possibilité pas vraiment du goût du Crossa qui, en sa qualité de coordonnateur de l’opération de secours en mer, responsable de l’engagement des moyens mis en œuvre, a décidé de déposer plainte.
La préfecture maritime rappelle ainsi qu’entre « le 1er mai et le 30 septembre 2025, le Crossa Étel et le Cross Corsen ont coordonné 3 655 opérations de secours maritime », dont « 2 885 directement liées à la pratique de la plaisance et des loisirs nautiques ». Parmi elles, 485 fausses alertes. Un engagement et des dérives qui justifient la procédure engagée.