Les échafaudages sont aussi hauts que des bâtiments de cinq étages. Les figurants répètent leur réplique. Et en coulisses, Henri Verneuil – de son vrai nom Achod Malakian – coache ses actrices. Après 12 semaines de tournages en studio à Paris, le réalisateur se rend à Marseille pour filmer les dernières scènes de son film Mayrig (Maman en arménien). Sorti en 1991, le film reprend l’histoire de sa famille qu’il raconte, quelques années plus tôt, dans un livre : ses souvenirs d’enfance à Marseille, sa relation avec sa mère et l’histoire de sa famille, rescapée du génocide arménien.

« Il a neigé sur la vieille charité »

« Il a neigé sur la vieille charité », titrait Le Provençal le 24 mai 1991. Pendant deux semaines, Henri Verneuil et son équipe tournent dans les rues de Marseille. D’abord à la Vielle Charité puis dans l’église arménienne du Prado et au cimetière Saint-Pierre. Claudia Cardinale dans le rôle d’Araxi, la mère d’Azad, alias Henri Verneuil et Nathalie Roussel qui joue la tante.

« Ce fut un grand moment d’émotion. J’étais chargé de rechercher 300 figurants bénévoles pour la fameuse scène de l’arrivée des émigrants, sur les quais de la Joliette. Les gens étaient fiers de participer », confiait Garo Hovsepian, alors responsable de la Maison de la culture arménienne de Marseille, dans La Provence en 2020. Arrivé à Marseille avec sa famille rescapée du génocide dans les années 1920, le réalisateur devient journaliste avant d’entamer une carrière de réalisateur et scénariste à Paris. Dans les années 60, il reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de son œuvre.