Aux Docks de la Joliette, les bureaux et commerces ont remplacé les convois de marchandises. Les anciens quais de chargement ont laissé place à de larges trottoirs reliant les magasins. Les camions ont disparu, mais l’histoire industrielle, elle, continue de se lire en façade. Construits entre 1856 et 1866, les Docks ont longtemps servi d’entrepôts. « À l’époque, Marseille connaît une croissance économique. Les infrastructures portuaires ne sont plus adaptées au commerce. La Ville décide de créer un nouveau bassin au nord », explique Judith Aziza, historienne.
Imaginés par l’architecte Gustave Desplaces, d’après les plans de l’ingénieur Paulin Talabot, ils sont considérés comme les plus grands docks européens. LP – PHILIPPE LAURENSON – PHILIPPE LAURENSON
Imaginés par l’architecte Gustave Desplaces, d’après les plans de l’ingénieur Paulin Talabot, ils sont considérés comme les plus grands docks européens. Ils servent de stockage des marchandises du port qui sont ensuite expédiées par voie ferrée et ce jusqu’à l’arrêt de leur activité industrielle en 1988. Leur architecture s’inspire de celles de Sainte-Catherine de Londres et de Liverpool.
Une architecture industrielle conservée
Dans les années 80, l’activité industrielle des Docks s’arrête. « Ils sont abandonnés un temps mais leur histoire continue de s’écrire », affirme Judith Aziza. En 1991, les entrepôts se transforment en bureaux. Et c’est Éric Castaldi, également architecte du Silo d’Arenc, qui se charge du chantier. « Avant, tout était cloisonné. La force de la réhabilitation c’est surtout ça : le fait d’avoir conservé tous les éléments structurants de l’architecture originelle : la charpente métallique, les pans de murs en pierre… Tout en modifiant l’usage », explique Judith Aziza.
« Avant, tout était cloisonné. La force de la réhabilitation c’est surtout ça : le fait d’avoir conservé tous les éléments structurants de l’architecture originelle : la charpente métallique, les pans de murs en pierre… tout en modifiant l’usage »,… LP – PHILIPPE LAURENSON – PHILIPPE LAURENSON
Les Docks se composent de cinq bâtiments séparés par quatre atriums, avec en tête l’Hôtel de Direction des messageries maritimes à la façade Louis XIII. « Il faut se rendre compte de la beauté du lieu. C’est avant tout un lieu de patrimoine. Ce n’est pas qu’un lieu de passage. Les Docks ont une identité propre et forte », ajoute-t-elle.
Les Docks se composent de cinq bâtiments séparés par quatre atriums, avec en tête l’Hôtel de Direction des messageries maritimes à la façade Louis XIII. LP – PHILIPPE LAURENSON – PHILIPPE LAURENSONDes commerces, des bureaux et un quartier totalement réhabilité
Vingt ans plus tard, de nouveaux travaux sont lancés. « Les Docks amorcent leur révolution commerciale », titrait La Provence, le 29 février 2012. Sous la houlette du groupe Constructa, les sous-sols sont décaissés pour créer des cours intérieurs, des entrées sont ajoutées et près de 15 000 m² de commerces sont aménagés. Désormais, ils abritent les sièges de sociétés privées, de services publics, administratifs et culturels. Et plus de 3 000 personnes y travaillent chaque jour.
En friche avant 2013, la Joliette s’impose, aujourd’hui, comme un nouveau quartier d’affaire. Aujourd’hui, tous les bureaux sont loués à l’étage. Au rez-de-chaussée, on retrouve 80 boutiques et restaurants ouverts chaque jour. LP – PHILIPPE LAURENSON – PHILIPPE LAURENSON
Parmi eux, Eyal Bompuis connaît les lieux comme sa poche. « C’est magique de travailler dans un monument historique comme celui-ci », soutient le promoteur immobilier qui s’y est installé en 2023. La réhabilitation des Docks s’étend à tout le quartier avec le lancement de l’opération Euroméditerranée en 1995. En friche avant 2013, la Joliette s’impose, aujourd’hui, comme un nouveau quartier d’affaire. Aujourd’hui, tous les bureaux sont loués à l’étage. Au rez-de-chaussée, on retrouve 80 boutiques et restaurants ouverts chaque jour.