Trois mois après les faits, trois personnes ont été arrêtées et mises en examen dans l’affaire du jet d’une grenade dans un institut de beauté à Grenoble, qui avait fait six blessés. Les faits avaient été filmés et diffusés par un complice.
Trois suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire dans l’enquête sur l’attaque à l’engin explosif d’un commerce à Grenoble, le 6 février 2026, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP. L’incident avait fait six blessés légers, dont un enfant. Les mis en cause «sont majeurs», a précisé cette source, sans détailler leur profil ni leur rôle exact dans l’explosion.
L’engin explosif avait été lancé en plein jour dans un institut de beauté de Grenoble par des inconnus masqués, qui avaient filmé puis diffusé la scène sur les réseaux sociaux. Six personnes, dont un enfant de 5 ans, avaient été blessées par le souffle de l’explosion, qui avait brisé la vitrine du commerce.
«Les investigations ont abouti à confondre les mis en cause», a écrit vendredi le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, sur le réseau social X, évoquant les trois incarcérations sans donner davantage de détails.
Le 6 février dernier, un engin explosif a été lancé dans un institut de beauté de Grenoble, faisant plusieurs blessés. Les investigations ont abouti à confondre les mis en cause: trois suspects ont été incarcérés hier par la justice.
Je tiens à féliciter les enquêteurs pour leur…— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) May 22, 2026
Un important point de deal
L’établissement ciblé était situé près d’un quartier du centre-ville connu pour son important point de deal, où des violences et des règlements de comptes se sont produits ces dernières années, à l’instar d’autres quartiers de Grenoble en proie au narcotrafic.
Une vidéo publiée sur X le même jour montrait un homme masqué dégoupillant un engin explosif avant de le lancer à l’intérieur, alors qu’une femme tentait de refermer la porte en verre pour l’en empêcher. L’agresseur avait ensuite pris la fuite en courant avec un complice, qui avait filmé la scène. Le procureur de Grenoble avait alors dénoncé un «acte d’intimidation» démontrant «une escalade dans la désinhibition des délinquants».
L’enquête, notamment ouverte pour «tentative de meurtre en bande organisée» et «destruction en bande organisée du bien d’autrui», avait alors été confiée à la JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) de Lyon, selon la source proche du dossier.
Un an avant cette explosion, le 12 février 2025, une attaque à la grenade avait fait quinze blessés, dont six graves, dans un bar associatif d’un quartier du sud de Grenoble. Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, avait dénoncé «une opération criminelle inédite, puisqu’on a utilisé une technique de guerre, avec une grenade très spécifique». Un suspect de 17 ans avait été mis en examen une dizaine de jours plus tard.