En Corse, aux côtés du pape François, Robert Francis Prevost était un cardinal parmi d’autres, comme ici à sa descente de l’avion sur le tarmac ajaccien en compagnie de Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. Il est devenu Léon XIV depuis.
Xavier Grimaldi
Partout où il se rend en Corse, le cardinal François Bustillo entend toujours parler de la venue du pape François dans l’île en décembre 2024, de cette « occasion unique de se retrouver en communion ». Alors lorsque le nouveau pape Léon XIV a annoncé sa visite apostolique en France du 25 au 28 septembre prochains, l’occasion de renouveler l’expérience était trop belle pour le diocèse qui, s’il ne reçoit pas le souverain pontife cette fois, compte bien aller jusqu’à lui.
Il est encore trop tôt pour connaître les modalités de ce déplacement organisé, mais en coulisses, on s’active. « Nous attendons le programme de la visite papale en détail avant d’entrer dans le vif du sujet, mais nous serons bien présents à l’événement, souligne le vicaire général l’abbé Frédéric Constant. Une délégation partira de Corse et les pèlerins que nous invitons nombreux à nous rejoindre pourront choisir de se joindre à nous pour le voyage ou de se rendre sur les lieux par leurs propres moyens. »
En attendant la réunion des évêques et des vicaires généraux de France la semaine prochaine qui devrait en dire davantage sur la première visite de Léon XIV en France en tant que pape, plusieurs localités devraient accueillir le Saint-Père, dont Paris et très probablement Lourdes.
Davantage de précisions sur le déplacement « dès la mi-juin »
Le diocèse de Corse sera en mesure de donner davantage de précisions « dès la mi-juin », avec des modalités de déplacement qui peuvent être différentes. « Si nous nous rendons à Paris, nous pourrons utiliser les lignes aériennes traditionnelles, précise le vicaire général, tandis que si Lourdes est choisi, nous devrons alors affréter un avion. » Les images du pape François sont encore dans toutes les mémoires et le cardinal Bustillo encourage d’ores et déjà à ne pas manquer cette nouvelle occasion : « Ce que nous avons vécu de puissant avec François, nous voulons que d’autres puissent le vivre », martèle-t-il.
Proche des « petits », défenseur des périphéries et de la foi populaire, l’Argentin François s’est trouvé comme chez lui sur l’île.
Comment les Corses perçoivent Léon XIV ? D’un style différent, ce disciple de saint Augustin s’est déjà illustré par sa grande humanité et son opposition à la politique guerrière de Donald Trump. S’il s’agit bien de sa première visite en tant que pape, Robert Francis Prevost faisait déjà partie de la délégation vaticane qui a visité Ajaccio en compagnie de François. Il était alors un cardinal parmi d’autres.
Léon XIV au cardinal Bustillo : « Je suis déjà venu chez toi »
Sa discrétion naturelle n’avait pas suscité la curiosité de ceux qui, parmi les princes de l’Église présents, cherchaient déjà un successeur à François, à l’instar de Pietro Parolin, ancien numéro deux du Vatican. « Je l’ai accueilli à l’aéroport, nous avons déjeuné ensemble, avec d’autres mais nous avons très peu échangé, se souvient l’abbé Constant. Il m’a simplement confié sa joie de voir le successeur de Pierre visiter un diocèse si particulier comme le nôtre. » Le cardinal Bustillo n’a pas davantage de souvenirs avec celui qui était alors cardinal-évêque d’Albano. Mais une fois élu pape, Léon XIV a su rappeler à l’évêque de Corse son voyage dans l’île en lui lançant : « Je suis déjà venu chez toi. »
Cette fois, ce sera à la Corse d’aller au-devant du Saint-Père, à Paris comme à Lourdes. Par quels moyens ? Encore une quinzaine de jours de patience.