Les premières larmes du tableau principal de cette édition 2026 du tournoi de tennis de Roland-Garros sont ukrainiennes. La 15e joueuse mondiale, Marta Kostyuk, n’a pas pleuré en raison d’une défaite : elle a en effet battu, sur le court, Oksana Selekhmeteva. Laquelle, née en Russie, a été naturalisée espagnole il y a trois jours dans une démarche qui n’a rien de politique : il ne s’agissait pas pour elle de condamner la guerre d’invasion menée en Ukraine par Vladimir Poutine mais simplement d’acter qu’elle vit à Barcelone depuis huit ans et que la Russie est exclue des compétitions internationales par équipes. Ceci explique pourquoi Marta Kostyuk n’a pas serré la main de son adversaire, comme le font la plupart des sportifs ukrainiens avec les Russes et les Biélorusses.

Les larmes de Marta Kostyuk n’étaient pas, non plus, une expression de joie. Simplement une émotion remontée quelques heures après qu’un missile russe est tombé sur un immeuble situé à une centaine de mètres du domicile de ses parents à Kiev. À travers ses larmes qu’elle n’a pu contenir, cette brillante joueuse de tennis, inconnue du grand public, a rappelé que la guerre menée par la Russie à l’encontre de son voisin ukrainien et la résistance de celui-ci ne sont pas de froids bilans comptables. Ce sont bel et bien le sang et les larmes qui coulent aux confins du territoire européen.

L’utilisation par la Russie de son missile balistique hypersonique, lors des attaques visant Kiev ce week-end, est, comme l’ont dénoncé plusieurs dirigeants occidentaux, dont Emmanuel Macron, une étape supplémentaire dans une « fuite en avant ». L’usage de cette arme, rare et coûteuse, car capable de transporter des ogives nucléaires, est un avertissement envoyé par Moscou. Le Kremlin use clairement de la menace nucléaire. Cela témoigne de l’impasse dans laquelle se trouve Vladimir Poutine, incapable de gagner une guerre qu’il a provoquée comme de l’arrêter sans perdre la face. L’autocrate russe, à la tête d’un pays disposant de l’arme atomique qu’il tient d’une main de fer, n’en est finalement que plus dangereux.