L’ombre de son histoire industrielle plane sur l’Estaque (16e). Ce quartier au nord de Marseille est toujours dominé par les usines abandonnées Retia et Recylex, en surplomb de petites maisons individuelles aux couleurs gaies de la Provence. Après 75 ans d’une histoire industrielle qui a vu des déchets d’arsenic et de plomb rejetés dans l’air et entraînés par les coulées de boues durant les forts orages, le village des Riaux est assis sur une mine de polluants.

Signe d’un passé qui refait surface, les habitants qui jouissent d’un panorama imprenable sur la grande bleue ont vu leur calme perturbé par un courrier de l’Agence régionale de santé (ARS) reçus dans leur boîte aux lettres. « Le pourtour des friches est concerné par une pollution historique. Des études élevées ont mis en évidence des teneurs en plomb, en arsenic et en dioxines. Par précaution, l’ARS émet des recommandations », ont-ils pu lire. Elle conseille, entre autres, de « ne pas manger les fruits et légumes du jardin » ou de « se laver soigneusement les mains » après avoir été « en extérieur ».

« C’est dans mon sang »

Le président du Comité d’intérêt de quartier (CIQ) « a découvert ce lourd passé », et raconte « tout un village ému…