Vous venez de terminer la lecture de la saison 2 du thriller danois Octobre : cache-cache et vous ne savez plus quoi regarder ? Pas de panique. Ce mois-ci, plus aucune raison de passer des heures sur les plateformes à chercher une fiction policière poisseuse dans le même genre. Télé-Loisirs est là pour vous guider :

The Killing : la série culte du même auteur qu’Octobre

C’est un choix évident, pour qui aime les thrillers scandinaves ; et un choix d’autant plus direct que Søren Sveistrup, le créateur de la série danoise The Killing, sortie en 2007, est aussi l’auteur de la série Octobre.

Dans ce thriller en cinq saisons, disponible sur Canal + , la commissaire Sarah Lund (Sofie Gråbøl, la mère d’Emma dans Octobre) enquête sur des homicides liés à des événements politiques locaux et internationaux durant trois saisons. L’enquêtrice de cette série est devenue culte pour son obsession, et ainsi reconnaît-on la marque de fabrique des grandes séries scandinaves : Copenhague est sous la pluie, les personnages sont taiseux et ambigus, et l’intrigue mêle le crime au monde politique sans jamais chercher la facilité.

Mais The Killing (Forbrydelsen dans son nom original) c’est aussi bien plus long, bien plus noir et bien plus exigeant – et c’est précisément ce qui en fait un monument. Si Cache-cache vous a tenu en haleine, préparez-vous, avec The Killing, à être engloutis.

Jordskott : meurtres étranges en forêt

Vous avez aimé l’atmosphère pesante d’Octobre et son environnement ? Jordskott, disponible en VOD sur Apple TV, pousse tout cela encore plus loin. On y suit Eva Thörnblad (Moa Gammel), une flic traumatisée par la disparition non résolue de sa fille. De retour dans son village natal, elle se voit contrainte de replonger dans son passé, lorsqu’un enfant disparaît dans la même forêt suédoise.

Là où Octobre reste ancré dans le réel, Jordskott glisse progressivement vers quelque chose de plus fantastique : la forêt qui entoure Silverhöjd est peuplée de présences inexpliquées, et devient, à mesure que le récit avance, un personnage à part entière aussi poétique et menaçant.

Grâce à son récit lent et envoûtant, porté par une héroïne fracturée et une atmosphère angoissante, Jordskott pourrait, pour les convertis aux polars scandinaves, devenir le prochain terrier dans lequel disparaître.

La saison 1 de True Detective : des flics torturés par un serial killer

Octobre invoque un serial killer, et prouve qu’un thriller pouvait se passer de facilités ? Vous n’avez encore rien vu ! True Detective saison 1, disponible sur HBO Max, fait exactement la même chose, mais en mieux. C’est un indispensable des polars poisseux.

En 1995, une prostituée est retrouvée atrocement assassinée en Louisiane. La mise en scène du cadavre suggère un tueur en série aux rituels occultes. Alors, deux flics pessimistes, philosophes, drôles et incontrôlables que tout oppose, Martin Hart (Woody Harrelson) et Rust Cohle (Matthew McConaughey), vont en faire une obsession… Qui détruira leurs vies.

Construit en allers-retours entre l’enquête et les interrogatoires qui ont lieu 17 ans plus tard, le récit de True Detective crée une tension permanente autour d’une seule question : qu’a-t-il bien pu se passer entre-temps ? Le reste de notre obsession, c’est l’alchimie unique de Matthew McConaughey et Woody Harrelson – meilleurs amis dans la vraie vie – qui la nourrie, pour donner à voir deux des personnages les plus fascinants jamais écrits ; quand visuellement, la série n’a plus rien à envier au cinéma.

En bref, pour tout amateur de polar, l’atmosphère dense de True Detective saison 1 colle longtemps à la peau après le générique final. Il s’agit de ce que la télévision américaine a pu produire de plus ambitieux.

Dark : disparition dans les forêts allemandes

Octobre vous a montré qu’un thriller pouvait tisser un récit entre le passé et le présent – Dark, dans le même genre, va vous faire perdre la tête. Dans cette série allemande disponible sur Netflix, des enfants disparaissent dans une petite ville forestière, et très vite le temps lui-même devient le fil conducteur. Il ne faut plus de demander où sont partis les enfants, mais quand : 1986, 1953 et 2019 ? Les époques, sur 33 ans ,se répondent, durant trois saisons construites d’une précision d’horloger. Et l’atmosphère glauque et envoûtante de la forêt de Dark est aussi menaçante que celle de Jordskott.

Dark, c’est un petit bijou allemand exigeant, parfois épuisant, mais d’une cohérence et d’une ambition narratives rarement atteintes à la télévision. Le tout, porté par une bande originale captivante, et un casting minutieux où chaque personnage, entre les diverses époques, est facilement reconnaissable. Si vous aimez qu’une série vous traite en adulte, et vous plonge dans un univers à part, ce sera sûrement votre prochaine obsession.

Les revenants : la pépite française

En France aussi, nous produisons des séries poisseuses – soyons, de temps en temps, quelque peu chauvins. Après Octobre : cache-cache, vous apprécierez donc sans doute Les revenants, un drame en deux saisons récompensé d’un International Emmy Award, disponible sur Canal +

Dans un village des Alpes françaises traumatisé par un accident de bus ayant tué des dizaines d’enfants, les morts reviennent un jour, inchangés, dix ans plus tard, comme si rien ne s’était passé. Ce ne sont pas des zombies. Alors, que se passe-t-il ?

Fabrice Gobert, le créateur, refuse d’expliquer trop vite – et c’est précisément ce qui motive notre lecture, en plus d’une photographie somptueuse, d’une bande-son hypnotique, et d’un ensemble d’acteurs de talents, Céline Sallette en tête. La série surnaturelle, aussi poétique qu’anxiogène – en bref, singulière – est bien la preuve que le fantastique français peut rivaliser avec les meilleurs.