Par

Anthony Soudani

Publié le

26 mai 2026 à 15h21

Si sa fille de 24 ans est encore en vie, c’est sûrement parce qu’il est intervenu. H. Belmont a assisté à l’Hyrox, course fitness ultra-intense organisée à Eurexpo Lyon dimanche 24 mai. Alors qu’une femme de 28 ans est décédée à l’hôpital Édouard-Herriot des suites d’une hyperthermie ce jour-là, son enfant a frôlé la mort. Il a vu sa fille s’écrouler et finir au service réanimation.
Fort heureusement, la jeune sportive est en vie, mais son père, en colère, fait passer un message aux organisateurs en témoignant auprès d’actu Lyon.

Sa fille s’écroule : « Je leur dis d’appeler les secours »

« Elle a démarré à 12h20 dimanche », raconte H. Belmont. « Elle fait les ateliers mais se trompe et en oublie un. Tant pis, elle continue. Puis vient le moment où elle doit faire 100 lancements au ballon. C’est le dernier atelier avant la fin de la course. Elle en fait 90, puis elle s’écroule. Les responsables de l’Hyrox la font assoir…

Mais cet habitant de la région lyonnaise connaît sa fille, une sportive qui a récemment fait le marathon de Rome ou encore le semi-marathon de Lyon. « Je leur dis qu’il faut vite appeler les secours. » Pour lui, le temps presse.

« Ils ont mis du temps à comprendre que c’était une hyperthermie »

« Les secouristes de la Croix-Rouge arrivent. Ils lui ont demandé 50 fois son nom… Je voyais qu’elle n’était plus elle-même. J’insiste pour qu’elle soit évacuée au plus vite, on l’emmène sur un brancard au pôle médical, on lui fait les constantes, on me rassure car il y a la présence d’un médecin de la Croix-Rouge. Ils lui ont pris sa température au bout de 30 minutes. Ça a affiché 39,6°C. Ils ont mis du temps à comprendre que c’était une hyperthermie maligne », nous explique H. Belmont.

« Ils ont pris trop de temps », s’agace-t-il. « Ils lui ont mis des glaçons mais ça a été un peu long. Le fait que j’ai été là a dû changer les choses. »

La jeune sportive évacuée au service réanimation : « Elle va bien »

Finalement, sa fille est mise sous perfusion et emmenée d’urgence par une ambulance de la Croix-Rouge vers l’hôpital Édouard-Herriot. Transférée au service de réanimation, la jeune femme est confuse mais va s’en sortir.

« On nous dit qu’elle va bien, qu’elle reprend ses esprits. Les marqueurs cardiaques montrent une souffrance et au niveau des reins. On est passé à côté d’un risque énorme. Nous sommes anéantis mais heureusement on est passé à côté de la catastrophe. »

« J’en veux à Hyrox »

S’il se veut constructif, H. Belmont ne cache pas sa colère : « Les secouristes ont fait leur possible et je leur en remercie, mais j’en veux à Hyrox. Il y a juste un médecin et la Croix-Rouge pour des milliers de participants. Cette jeune femme de 28 ans décédée aurait pu être ma fille. Dans un événement comme ça, l’hyperthermie maligne doit être évoquée à tout moment. Il faudrait un réanimateur sur place. »

À noter que plusieurs participants ont été victimes d’hyperthermie et qu’au moins trois, dont la fille de H. Belmont, ont été transférés à l’hôpital. 

Pour éviter de nouveaux drames, Hyrox se doit d’en tirer les conséquences et de modifier l’organisation des secours pour les prochaines manifestations. Les sportifs sont demandeurs de ce type d’événements mais aux organisateurs de les mettre en sécurité tout au long de l’épreuve.

H.Belmont
Père d’une sportive hospitalisée après l’Hyrox de Lyon

« La sécurité et le bien-être de nos participants ont toujours été la priorité absolue »

La direction de Hyrox France a réagi auprès d’actu Lyon en « remerciant les équipes médicales, les secours, les bénévoles et l’ensemble des équipes mobilisées sur place ».

Après le décès d’une participante, l’organisateur dit prendre « cette situation avec le plus grand sérieux et collaborera pleinement avec les autorités compétentes et les équipes concernées afin de comprendre précisément les circonstances de ce drame ».

Hyrox France affirme : « La sécurité et le bien-être de nos participants ont toujours été la priorité absolue. »

La salle était pourtant climatisée « avec une température comprise entre 18 et 20 degrés, un taux d’humidité optimal entre 65% et 70% et des points d’eau multipliés sur le parcours », a déclaré à l’AFP Maxime Villalongue, le producteur de l’Hyrox France.

« Je pense que les athlètes sont arrivés sur place en ayant été soit à l’extérieur un peu trop longtemps au soleil ou en n’ayant pas bu assez », a-t-il avancé.

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