La Banque centrale russe à Moscou. ©Copyright (c) 2022 Mistervlad/Shutterstock. No use without permission.Visa et Mastercard, déjà suspendus
L’accès à Visa et Mastercard est toutefois déjà fortement perturbé en Russie depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Le 5 mars, soit seulement quelques jours après le déclenchement de la guerre, Mastercard avait en effet annoncé la suspension de ses services sur le territoire russe, constatant « le caractère sans précédent du conflit actuel et l’environnement économique incertain », selon les déclarations de l’entreprise.
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Peu après, Visa avait également suspendu ses activités dans le pays. Son directeur général de l’époque, Al Kelly, avait justifié cette décision en déclarant que le groupe était « contraint d’agir suite à l’invasion non provoquée de l’Ukraine par la Russie et aux événements inacceptables dont nous avons été témoins ».
17% des cartes sont encore des Visa ou Mastercard
Mais plus de quatre ans après le début de la guerre, il apparaît néanmoins que certaines cartes n’ont pas réellement cessé de fonctionner. Dans les faits, c’est surtout le renouvellement des cartes émises en Russie qui est devenu difficile à réaliser. Certaines cartes sont ainsi déjà totalement inutilisables, tandis que d’autres ne continuent de fonctionner que de manière temporaire et limitée.
Par ailleurs, les sanctions occidentales ayant restreint l’accès au réseau Swift (le système de messagerie sécurisé utilisé par les banques internationales pour échanger des instructions de paiement), les échanges financiers sont plus compliqués. Concrètement, certaines transactions de cartes Visa ou Mastercard peuvent encore être effectuées, mais elles ne peuvent plus faire appel à Swift mais uniquement au système alternatif russe, le NSPK, ce qui permet aux cartes de continuer à être utilisées dans les commerces ou distributeurs russes. En revanche, elles ne fonctionnent plus à l’international, même si le logo Visa ou Mastercard peut encore apparaître sur la carte. Ainsi, elles ne dépendent plus réellement de ces réseaux internationaux, mais du système local russe.
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Selon la Banque nationale de Russie, la part des cartes Visa et Mastercard est désormais inférieure à 17%. Une situation que les autorités russes souhaitent désormais faire disparaître totalement. « Notre position est claire : ces cartes doivent quitter notre marché car elles ne remplissent plus les mêmes fonctions », a déclaré Alla Bakina, directrice du département du système national de paiement de la Banque de Russie. Et pour ce faire, le pays veut accélérer sa transition vers son propre système de paiement national : Mir.
Mir, l’alternative russe sous le contrôle de l’Etat
Pour contourner les sanctions occidentales et continuer ses transactions, la Russie a donc développé son propre système de paiement, Mir, développé dès 2014 après l’annexion de la Crimée et le début des sanctions. Un réseau progressivement devenu une alternative aux circuits financiers occidentaux avec des connexions à certains systèmes étrangers. Ce système est directement issu de la Banque nationale russe, qui est sous l’autorité politique du régime russe et de son président Vladimir Poutine.
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En effet, depuis, Moscou cherche à élargir son adoption à l’international, en particulier avec les pays considérés comme proches ou partenaires économiques. Le système est ainsi actuellement accessible dans plusieurs pays comme l’Iran, le Venezuela, la Biélorussie, le Tadjikistan, Cuba, la Géorgie ou encore en territoires séparatistes pro-russes de Moldavie, indique la BBC.
Le président russe Vladimir Poutine et le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko. ©Tass/ABACA
En pratique, Mir est surtout utilisé comme solution au sein même de la Russie. Depuis, les autorités russes tentent néanmoins d’en faire une alternative aux réseaux occidentaux, notamment de Visa et Mastercard, pour devenir plus autonome. Reste à voir si ce système pourra vraiment concurrencer les géants bancaires.
Vers des alternatives russes
Cette annonce intervient alors que ces derniers mois, la Russie a également restreint ou suspendu l’accès à d’autres applications occidentales notamment WhatsApp, Telegram ou encore Starlink, invoquant des raisons de sécurité nationale.
Des alternatives russes sont donc désormais proposées. Pour WhatsApp, les autorités russes encouragent notamment la population à utiliser Max, une nouvelle messagerie promue par Moscou mais pour l’heure beaucoup moins populaire.