Des associations de parents en France ont attiré l’attention sur les scandales d’abus longtemps ignorés dans les écoles, alors qu’un procès public exceptionnel s’ouvrait mardi contre un animateur du périscolaire accusé d’avoir agressé sexuellement neuf jeunes enfants à Paris.

Inspirés par la décision de Gisèle Pelicot de rendre public son procès poignant de viol et de soumission chimique, les parents des enfants ont accepté que les débats soient publics. En France, les procès impliquant des mineurs se déroulent généralement à huis clos.

Selon leurs avocats, certains parents ont déclaré suivre l’exemple de Gisèle Pelicot et sa devise pour que «la honte change de camp» et qu’elle retombe sur les agresseurs, plutôt que sur les victimes.

L’affaire parisienne a éclaté en avril 2025 après que plusieurs enfants ont raconté à leurs parents qu’ils auraient été victimes d’agressions sexuelles dans une école maternelle.

L’accusé, âgé de 36 ans et dont l’identité n’a pas été révélée, est accusé d’avoir agressé des enfants alors qu’il les surveillait dans les toilettes, pendant les pauses du midi et lors du service de garde après l’école, entre août 2024 et avril 2025. Il a nié avoir commis des sévices sexuels sur des enfants.

Les enfants étaient âgés de 3 à 5 ans à l’époque. Ils ne sont pas tenus d’assister au procès. Un juge a lu leurs témoignages aux enquêteurs.

L’homme est également accusé d’avoir harcelé sexuellement deux collègues et d’avoir agressé sexuellement l’une d’entre elles. Il risque jusqu’à 10 ans de prison. Son avocat n’a pas souhaité s’exprimer auprès de l’Associated Press avant le procès.

Barka Zerouali, cofondateur du collectif #MeTooEcole, a affirmé lors d’une manifestation devant le tribunal qu’il était temps que le pays se réveille. Les manifestants brandissaient une banderole sur laquelle on pouvait lire: «Parce qu’aucun enfant ne devrait avoir peur d’aller à l’école».

Les familles ont déclaré que le traumatisme causé par les agressions présumées était aggravé par ce qu’elles ont décrit comme une lutte pour être prises au sérieux par les autorités. Un premier signal d’alarme lancé par une mère plusieurs mois auparavant aurait été ignoré par l’école.

Rebecca Royer, avocate représentant plusieurs familles, a indiqué qu’elle espérait voir un véritable tournant dans la protection de l’enfance. Ses clients demandent que le gouvernement et les municipalités mettent en œuvre des mesures et des ressources pour protéger les enfants.

Des affaires similaires à Paris et dans toute la France ont attiré l’attention des médias ces derniers mois.

La procureure de Paris, Laure Beccuau, a déclaré la semaine dernière que des enquêtes étaient en cours pour 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles primaires et une dizaine de garderies dans la capitale.

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a indiqué que 78 membres du personnel scolaire et périscolaire avaient été suspendus dans la capitale depuis le début de l’année 2026, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles.

Alors que les enseignants des écoles publiques sont employés par l’État en France, les aides-éducateurs et les animateurs périscolaires sont recrutés par les municipalités.

Élu en mars, M. Grégoire a fait de la lutte contre les abus des enfants une «priorité absolue» et a dévoilé un plan de 20 millions d’euros (soit environ 32 millions $ CAN) visant à remédier au «dysfonctionnement majeur» du système de surveillance scolaire de la ville. Il s’est engagé à suspendre immédiatement tout employé scolaire soupçonné d’abus d’enfant.

Avant son élection, M. Grégoire avait révélé publiquement avoir été victime d’abus sexuels lorsqu’il était enfant, alors qu’il fréquentait l’école primaire entre ses 9 et 10 ans.

La maltraitance des enfants est devenue un enjeu majeur de la campagne pour la mairie après qu’une série d’allégations impliquant des écoles publiques a été révélée plus tôt cette année.

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Les journalistes de l’Associated Press Nicolas Garriga et Masha Macpherson ont contribué à cette dépêche.