Installée depuis le début de l’année au 21 rue des Abbés Tanguy, à Pont-Aven (Finistère), l’agence Carré fait partie du paysage depuis plus de vingt ans. « J’ai commencé par un CAP tailleur de pierre. Mais je me suis rapidement posé cette question : comment vieillir en travaillant ? Je manquais de repère, d’image féminine qui vieillit au travail, alors je me suis dirigée vers l’architecture », relate Sophie Carré.
Elle entend parfois : « Je viens vous voir parce que vous êtes une femme. » C’est d’ailleurs à deux autres femmes qu’elle transmet son savoir et son expérience en privilégiant les échanges, dans un esprit de transparence.
Rénover une maison chargée d’histoire
L’agence est spécialisée dans la rénovation et l’extension. « Cette orientation s’est imposée parce qu’il y a très peu de terrains hors lotissement dans le secteur. D’une logique de marché est né un véritable plaisir ! Le projet naît de la contrainte. On fait du sur-mesure », assure Sophie Carré.
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En 2004, elle s’associe avec André Potin, architecte d’intérieur et créateur du magasin Idées. « On travaillait dans le même bureau. À nous deux, on s’occupait de tout, de la maison à la petite cuillère, selon son expression. Deux générations rassemblées dans une recherche d’équilibre et de proportion », se souvient l’architecte.
Après seize ans passés place Julia, l’opportunité de rénover une maison chargée d’histoire se présente. L’agence occupe désormais le lieu où à vécu et créé Berthe Savigny. « On a tous un historique avec ses anciennes maisons, surtout celle dans laquelle on a grandi. On réfléchit beaucoup à ça lorsqu’on dessine des maisons inversées », poursuit l’architecte.
« Les gens poussent plus facilement la porte »
L’engagement réciproque avec le client est primordial et les échanges nombreux. « On travaille beaucoup in situ. Les perspectives, l’apport de lumière, les vues… La réflexion sur les cheminements permet d’optimiser les espaces. On dessine la cuisine et surtout, on pose le canapé ! » décrit Sophie Carré.
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L’architecte éprouve un profond respect pour les artisans. « Ce sont des métiers complexes, on les intègre souvent à la réflexion. D’autant que la période est difficile, les prix augmentent n’importe quand. Avant, c’était deux fois par an », témoigne celle qui a vu évoluer les matériaux et les réglementions mais aussi les comportements.
« Les gens poussent plus facilement la porte. Les émissions télé ont fait bouger les lignes », conclut-elle en souriant.
Informations : https://www.carre-architecture.com/